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“Des corps, des écritures“
Regards sur l’art d’aujourd’hui.
OEuvres récemment acquises par le Musée d’Art Moderne de Paris

au Musée d’Art moderne de Paris

du 20 avril au 28 août 2022

Musée d’Art moderne de Paris



Interview de Odile Burluraux et Anne Dressen, conservatrices au Musée d’Art Moderne de Paris et commissaires de l'accrochage "Des corps, des écritures", par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 9 juin 2022, durée 15’02. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Odile Burluraux et Anne Dressen, conservatrices au Musée d’Art Moderne de Paris et commissaires de l’accrochage « Des corps, des écritures »,


par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 9 juin 2022, durée 15’02.
© FranceFineArt.

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Des corps; des Žcritures
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©Anne-Fréderique Fer, visite de l’accrochage, le 9 juin 2022.

Extrait du communiqué de presse :



Xavier Veilhan, Rotary, 2021. 33,5 x 46,5 x 3 cm. Édition unique. © Veilhan, ADAGP, Paris, 2021. © Diane Arques, ADAGP, Paris, 2021. Courtesy Galerie Andréhn-Schiptjenko.
Xavier Veilhan, Rotary, 2021. 33,5 x 46,5 x 3 cm. Édition unique. © Veilhan, ADAGP, Paris, 2021. © Diane Arques, ADAGP, Paris, 2021. Courtesy Galerie Andréhn-Schiptjenko.
Pierrette Bloch, (Sans titre), 1999. Encre sur papier, 65 x 50 cm. © ADAGP, Paris, 2022. Crédit photo : Musée d'Art Moderne de Paris/Paris Musées.
Pierrette Bloch, (Sans titre), 1999. Encre sur papier, 65 x 50 cm. © ADAGP, Paris, 2022. Crédit photo : Musée d’Art Moderne de Paris/Paris Musées.
Niele Toroni, Empreintes de pinceau n°50 répétées à intervalles réguliers de 30 cm, 1967. Peinture glycérophtalique sur toile préparée, sans châssis, 200 x 200 cm. © Niele Toroni. © ADAGP, Paris, 2022. Crédit photo : Musée d'Art Moderne de Paris/Paris Musées.
Niele Toroni, Empreintes de pinceau n°50 répétées à intervalles réguliers de 30 cm, 1967. Peinture glycérophtalique sur toile préparée, sans châssis, 200 x 200 cm. © Niele Toroni. © ADAGP, Paris, 2022. Crédit photo : Musée d’Art Moderne de Paris/Paris Musées.

Commissaires :

Odile Burluraux

Anne Dressen

assistées d’Oana Bonnaud-Cartillier




Le Musée d’Art Moderne présente un nouveau parcours dans les collections permanentes donnant à voir les oeuvres phares du musée en regard d’œuvres rarement ou jamais exposées.

Le parcours contemporain s’articule à travers les acquisitions et donations de plus de 40 artistes de la jeune création française et internationale. Des salles monographiques, comme celles consacrées à Xavier Veilhan, Niele Toroni, Pierrette Bloch, Jean Dewasne et Jean-Michel Meurice (une donation de Françoise Marquet-Zao) ponctuent également le parcours.

Le nouvel accrochage des collections contemporaines présente une sélection d’oeuvres créées entre 1973 et 2022 et exposées dans les salles des collections pour la première fois. Ces oeuvres ont été récemment acquises par don ou par achat, notamment grâce au soutien de la société des Amis du Musée d’Art Moderne et de son Comité pour la Création Contemporaine, ainsi qu’à la générosité d’autres donateurs.

Le parcours se décline autour de deux ensembles distincts mais organiquement liés. Tout d’abord, les oeuvres renvoient à l’écriture comme forme d’expression et de résistance et se lisent comme des signes et des témoignages ; elles s’inventent parfois en écriture-peinture. Dans un second ensemble, les oeuvres interrogent la position du corps et les formes de contraintes subies à la fois dans le contexte de la crise sanitaire récente, consécutive à la pandémie de la Covid-19, mais aussi en résonance avec les mutations de nos sociétés, jusqu’à la guerre actuelle en Ukraine.

L’écriture et l’imaginaire constituent une échappatoire pour le corps, qu’il soit ou non contraint. L’importance des modes d’écriture dans la création artistique est ici mise en lumière en ce qu’elle peut s’émanciper du réel et communiquer avec autrui. Des liens se tissent entre les moyens de communication d’un monde numérique en constante croissance et une création artistique contemporaine qui emprunte ses codes pour mieux en questionner la signification. Les récents épisodes d’enfermement et d’isolement, vécus collectivement, ont suscité une prise de conscience. Ils invitent à porter un regard différent sur les corps et leurs représentations. À travers des individualités qui s’interrogent sur leur intégrité et leur liberté, et dans une réflexion tournée sur l’extérieur, les artistes renouvellent les conceptions de l’intimité et de l’ « extimité ».



Liste d’artistes :

Marie Angeletti, Babi Badalov, Laëtitia Badaut Haussmann, Guillaume Bresson, Gaëlle Choisne, Jean Claracq, Morgan Courtois, Jérémie Danon, Hélène Delprat, Guillaume Dénervaud, Sylvie Fanchon, Esther Ferrer, Dominique Figarella, Anne-Charlotte Finel, Ceal Floyer, Arash Hanaei, Matthew Angelo Harrison, Karl Holmqvist, Jacqueline de Jong, Ewa Juszkiewicz, Nikita Kadan, Özgür Kar, Maggie Lee, Justin Lieberman, Estefania Peñafiel Loaiza, Guillaume Maraud, Kimiyo Mishima, Jill Mulleady, Robert Nava, Roman Ondak, Gyan Panchal, Liera Polianskova, Jean-Charles de Quillacq, Loïc Raguénès, Clément Rodzielski, Sara Sadik, Jim Shaw, Naoki Sutter Shudo, Elaine Sturtevant, Stefan Tcherepnin, Gaia Vincensini, Trevor Yeung.

Jean-Michel Meurice, Vinyle Navajo II (Rose et bleu), 1969. Vinyle découpé et collé, 105 x 75 cm. Don de Françoise Marquet-Zao, 2022. © Jean-Michel Meurice, tous droits réservés, Paris 2022.
Jean-Michel Meurice, Vinyle Navajo II (Rose et bleu), 1969. Vinyle découpé et collé, 105 x 75 cm. Don de Françoise Marquet-Zao, 2022. © Jean-Michel Meurice, tous droits réservés, Paris 2022.
Jean Dewasne, Huit et demi, 1968. Peinture glycérophtalique sur mélaminé, 162 x 244 cm. © ADAGP, Paris, 2022. Crédit photo : Musée d'Art Moderne de Paris/Paris Musées.
Jean Dewasne, Huit et demi, 1968. Peinture glycérophtalique sur mélaminé, 162 x 244 cm. © ADAGP, Paris, 2022. Crédit photo : Musée d’Art Moderne de Paris/Paris Musées.
Jean Claracq, Animal studies from a notebook, 2021. Huile sur bois, 24,6 x 22 cm. © Galerie Sultana.
Jean Claracq, Animal studies from a notebook, 2021. Huile sur bois, 24,6 x 22 cm. © Galerie Sultana.

Les salles monographiques
à partir du 10 juin 2022



Pierrette Bloch 
Commissaire : Sophie Krebs, assistée de Nina Malka

Pierrette Bloch naît à Paris le 16 juin 1928. Avec sa famille elle se réfugie en Suisse durant la Seconde Guerre mondiale. A son retour à Paris, elle s’initie à l’abstraction auprès d’André Lhote et Henri Goetz dans les années 1947-1948. Elle participe en 1950 au Salon des Réalités Nouvelles où elle propose une interprétation personnelle de l’abstraction en noir et blanc. Le travail de Pierre Soulages dont elle est une amie, constitue pour l’artiste plasticienne une source d’inspiration. Pierrette Bloch utilise exclusivement des matériaux pauvres (encre, papier, crin de cheval, textile), avec lesquels elle réalise des formes élémentaires (point, tiret, ligne) qu’elle répète, de manière aléatoire sur de grands formats. L’oeuvre prend vie grâce au processus spontané de l’encre de chine appliquée directement sur le papier. À partir de 1984, les Lignes se présentent comme des successions de points irréguliers se suivant sur près de 4 mètres de long. Dès les années 1960, dans les dessins Sans titre, la densité des points et leur répétition arbitraire donnent une sensation de mouvement. Pierrette Bloch développe des séries qui peuvent évoquer une écriture imaginaire, une partition musicale, un fil qui se déroule d’une pièce à l’autre. Grâce à l’utilisation exclusive du noir et du blanc, elle crée un contraste chromatique fort, et joue avec la perception des pleins et des vides. En 1973, Pierrette Bloch introduit dans sa pratique le nouage et le tressage avec du crin de cheval ou du textile. L’oeuvre Maille n°8 rappelle les ronds et autres motifs chers à l’artiste plasticienne. Les 28 éléments de textile noir sont ainsi assemblés au crochet de manière répétitive et irrégulière.




Jean Dewasne
ou l’abstraction rationnelle 
Commissaire : Sophie Krebs, assistée de Nina Malka

Né à Lille en 1921. Jean Dewasne est considéré comme l’un des maîtres de l’abstraction constructive. Il suit des études classiques et musicales très poussées puis s’inscrit à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris où il fréquente, pendant deux ans, les ateliers d’architecture avant de se tourner vers la peinture. En 1950, il participe avec Auguste Herbin à la création du Salon des Réalités Nouvelles. En 1951, il réalise sa première Antisculpture : volume bombé ou creusé recouvert de peinture industrielle. Il est attiré par les effets de brillance et de matité de la peinture industrielle (laque glycérophtalique, laques, émail à froid), des supports (aluminium, Isorel, surfaces métalliques telles que châssis de voitures ou de camions…) et revendique le statut de « peintre de l’âge industriel ». Il utilise des formes abstraites géométriques aux couleurs intenses, en mettant l’accent sur les couleurs primaires. À l’instar de son ami Victor Vasarely, Jean Dewasne élabore une oeuvre rationnelle quasi mathématique qu’il nomme « ensembles plastiques » sans pour autant s’enfermer dans des cercles, des carrés et des triangles. Reconnu pour ses grandes compositions murales et monumentales éminemment modernes, liées à des projets architecturaux et urbanistiques, il est à l’origine de la mise en couleur du Centre Pompidou (1970), de différentes décorations du siège social de Renault (1975), de stations de métro à Hanovre (1975) et à Rome (2000), et les fresques monumentales de la Grande Arche de la Défense (1989). En 2011, son oeuvre et ses archives ont fait l’objet d’une donation à l’Etat qui a transféré la propriété des oeuvres de Jean Dewasne à de nombreux musées français dont le Musée d’Art Moderne de Paris qui, par le passé, lui a consacré deux expositions en 1969 « Dewasne : peintures murales » et en 1975 « Dewasne : Antisculptures Cerveaux Mâles », à l’ARC.




Jean-Michel Meurice –
Habiter la peinture – Donation Françoise Marquet-Zao
Commissaires : Anne Dressen, Marianne Sarkari, Fanny Schulmann

Né en 1938 à Lille, Jean-Michel Meurice occupe une place unique dans l’histoire artistique et culturelle de la seconde moitié du XXe siècle et du début du XXIe siècle, menant une double activité de peintre et de réalisateur. Diplômé de l’École des beaux-arts de Tournai, il est mobilisé pendant la guerre d’Algérie de 1959 à 1962, l’année où il découvre à New York l’abstraction d’Ad Reinhardt et Jackson Pollock et les Matisse de la Fondation Barnes à Philadelphie. Dans le sillage de ces influences premières, Meurice interroge l’espace pictural, le pouvoir de la couleur et la séduction des motifs décoratifs, en adoptant des toiles de grands formats qu’il peint de formes répétitives (bandes ou points) à la bombe ou à l’éponge. Progressivement, il abandonne les matériaux traditionnels de la peinture, pour des bâches plastiques et vinyles issues de la société de consommation. Reconnu comme un représentant important des derniers développements de l’abstraction, Meurice expose à Paris en 1966 chez Jean Fournier avec Hantaï, Riopelle, Tapies, Parmentier, Buren, Rouan et Buraglio. En 1974, il participe avec la plupart des membres de Supports/Surfaces à l’exposition « Nouvelle Peinture en France : Pratiques/Théories » organisée par le musée d’art et d’industrie de Saint-Etienne. Le Grand Prix National lui est décerné en 1992 pour l’ensemble de son oeuvre. En mémoire de l’amitié très forte tissée entre Jean-Michel Meurice, Zao Wou-ki (1920- 2013), dès 1964, et Françoise Marquet-Zao, celle-ci a fait une très généreuse donation au musée en 2022 qui reflète les étapes importantes du parcours pictural de Meurice depuis la fin des années 1960, venant compléter les deux oeuvres déjà présentes dans les collections. L’artiste a participé à l’accrochage de cette salle du musée qui entend lui rendre hommage. En écho à la présentation de ces peintures et collages, une sélection de films illustre son activité de réalisateur et son engagement dès les années 1960 pour le film documentaire portant aussi bien sur l’art que sur des sujets de société ou de politique. Dans les années 1980, il crée avec Georges Duby, La Sept, une chaîne de télévision culturelle qui deviendra Arte. Cette activité filmique doit être perçue comme complémentaire de son oeuvre peinte avec laquelle elle entre en parfaite résonnance et sans hiérarchie aucune.




Niele Toroni 
Commissaire : Julia Garimorth, assistée de Sylvie Moreau-Soteras

À l’occasion de ses 85 ans, le musée rend hommage à Niele Toroni (né en Suisse en 1937), témoignant ainsi de la complicité amicale qu’il entretient de longue date avec l’artiste. Depuis 1989, date de la création du Cabinet de peinture, puis à l’occasion de la rétrospective de 2001, plusieurs acquisitions et donations conséquentes ont permis au musée de constituer un ensemble d’oeuvres significatif de l’artiste. Ce fonds représente aujourd’hui l’un des plus importants en France. À l’âge de 27 ans, Niele Toroni met en place un postulat de travail où il s’impose d’appliquer, sur tous types de surfaces planes et à intervalles réguliers de 30 cm, l’empreinte d’un pinceau plat, large de 50 mm. L’artiste restera toujours fidèle à ce protocole pictural, mis en oeuvre pour la première fois en 1967 dans ce musée, lors du Salon de la Jeune Peinture. Niele Toroni intervient partout dans le monde, avec une économie de moyens rigoureuse et sur tous les supports possibles : toile, papier, coton, toile cirée, mur, sol… Cette peinture monochrome, aussi légère et aérée qu’elle paraisse, engage totalement le corps de l’artiste et n’est jamais déléguée à autrui. Les empreintes sont ainsi réalisées dans un rapport fusionnel avec leur fond et suscitent, à chaque fois, une expérience visuelle et spatiale nouvelle que l’artiste désigne par le nom de « peinture ».




Xavier Veilhan
Dessins de confinement
Commissaire : Odile Burluraux

Connu pour ses installations qui questionnent les limites de notre époque contemporaine entre l’oeuvre et l’objet de série, le banal et l’extraordinaire, le monument et l’anecdotique, Xavier Veilhan est habitué des projets et sculptures de grande ampleur, souvent dans l’espace public, travaillant sur un mode de collaborations et de rencontres. Il a représenté la France à la 57e Biennale de Venise en 2017. Le 17 mars 2020, comme la plupart des français, l’artiste se confine. Xavier Veilhan se retrouve seul chez lui, sans assistant et sans studio. Forcé à une économie de moyens et d’espace, il retrouve le dessin, médium essentiel et originel, qui devient progressivement une pratique quotidienne. L’usage d’une règle, d’un compas, de feutres mais aussi de traceurs géométriques sur le papier au format A3 s’impose. De cette période vont naitre plus de 300 dessins. Certains se font l’écho de références historiques ou artistiques, d’autres plus libres reprennent des figures géométriques, des correspondances de couleurs, des citations architecturales, des tracés urbains, etc. À force de systématisme et de répétition, les formes se densifient et se multiplient, permettant de suivre, comme dans un journal, la progression du confinement par l’évolution formelle des dessins. Cet accrochage d’oeuvres à part dans la création de Xavier Veilhan se fait ainsi la trace d’un bouleversement d’habitudes, d’une expérience nouvelle de l’introspection et de la répétition. La richesse et la diversité des dessins rendent manifeste la force résiliente de la création, qui se déploie dans des situations exceptionnelles et se fait tout à la fois le résultat d’une période difficile et la solution permettant de la traverser. L’exposition sera suivie d’un don de l’artiste de plusieurs dessins.