đ âLe Langage des mursâ Estampages de la Chine Ă Notre-Dame, au MAD, musĂ©e des Arts DĂ©coratifs, du 18 mars au 28 juin 2026
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âLe Langage des mursâÂ
Estampages de la Chine Ă Notre-Dame
au MAD, musée des Arts Décoratifs, Paris
du 18 mars au 28 juin 2026

PODCAST –Â Entretien avec
Béatrice Quette,
conservatrice, responsable des collections asiatiques et islamiques – MusĂ©e des arts dĂ©coratifs, et co-commissaire de l’exposition,
par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă Paris, le 18 mars 2026, durĂ©e 23’27,
© FranceFineArt.
Extrait du communiqué de presse :

Estampage de la base dâune statue bouddhique Chine, dynastie des Wei du nord (386-534), 525 Estampage (fin XIXe siĂšcle – dĂ©but XXe siĂšcle). Papier et encre. © Les Arts DĂ©coratifs.

CortĂšge gravĂ©e sur une pierre funĂ©raire â Chine, Dynastie Han (206 av. notre Ăšre â 220 apr. notre Ăšre) Estampage (fin XIXe siĂšcle) Papier et encre. © Les Arts DĂ©coratifs.

Portrait de « MaĂźtre Guan » avec Ă©loge. Chine, dynastie des Qing (1644-1911), 1704. Estampage (fin XIXe siĂšcle – dĂ©but XXe siĂšcle). Papier et encre. © Les Arts DĂ©coratifs.

Signe lapidaire â CathĂ©drale Notre-Dame de Paris, narthex, mur occidental. Estampage, 2021. Papier et encre. © Les Arts DĂ©coratifs.

Signe lapidaire â CathĂ©drale NotreâDame de Paris, colonne du choeur sud. Estampage, 2021. Papier et encre. © Les Arts DĂ©coratifs.

Signe lapidaire â CathĂ©drale Notre-Dame de Paris, narthex, mur occidental. Estampage, 2021. Papier et encre. © Les Arts DĂ©coratifs.
Commissaires :
Béatrice Quette, conservatrice, responsables des collections asiatiques et islamiques
Valentine Dubard de Gaillarbois, conservatrice-restauratrice dâarts graphiques
CĂ©cile Huguet-Broquet, conservatrice-restauratrice dâarts graphiques
Santiago Hardy, cordiste sur le chantier de Notre-Dame de Paris
assistés de Louise Lartillot, assistante de conservation, bourse de la Fondation du Japon
Du 18 mars au 28 juin 2026, le musĂ©e des Arts dĂ©coratifs prĂ©sente, Ă lâoccasion du Salon du dessin et du Printemps asiatique, « Le langage des murs. Estampages de la Chine Ă NotreâDame », quatriĂšme focus exposĂ© au cabinet des Dessins, Papiers peints et Photographies. Lâexposition-focus illustre la pratique de lâestampage Ă travers une sĂ©lection inĂ©dite des collections chinoise et française du musĂ©e des Arts dĂ©coratifs, dâEugĂšne Grasset Ă Jean Dubuffet en passant par EmileâAuguste Reiber.
Ă cette occasion, le musĂ©e invite Santiago Hardy, cordiste, et Delphine Syvilay, ingĂ©nieure de recherche au Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques (LRMH) Ă prĂ©senter les estampages quâils ont rĂ©alisĂ©s lors du chantier de restauration de NotreâDame de Paris. La prĂ©sence des outils permet dâapprĂ©hender la technique pratiquĂ©e en Chine et celle utilisĂ©e sur les murs de la cathĂ©drale. Une centaine dâoeuvres et dâobjets illustre ainsi cette mise en regard de la technique de lâestampage ancienne et contemporaine et ses qualitĂ©s techniques, esthĂ©tiques, poĂ©tiques.
Dâorigine chinoise, la technique de lâestampage permet de prendre lâempreinte dâun motif ou dâun texte, sculptĂ© ou gravĂ© Ă la surface dâune pierre ou dâun objet, Ă lâaide de papier et dâencre. Le papier humidifiĂ© est appliquĂ© Ă la surface de lâobjet (en pierre, mĂ©tal, bois) Ă lâaide dâune brosse qui permet au papier dâĂ©pouser tous les creux et reliefs. Puis, un tampon de tissus encrĂ© est appliquĂ© systĂ©matiquement sur tout la surface du papier. Lâencre noircit les reliefs et les creux restent blancs, rĂ©vĂ©lant ainsi le dĂ©cor Ă lâĂ©chelle 1 dans un contraste noir et blanc.
En entrant dans la salle dâexposition, le visiteur dĂ©couvre une quarantaine dâestampages inĂ©dits rĂ©alisĂ©s sur le chantier de reconstruction de NotreâDame de Paris, de 2021 Ă 2022. Le projet dâinventaire des signes lapidaires et des graffitis de la cathĂ©drale, initiĂ© par Santiago Hardy et Delphine Syvilay, a Ă©tĂ© soutenu par le chantier scientifique de NotreâDame de Paris et par lâĂ©tablissement public chargĂ© de la conservation et de la restauration de la cathĂ©drale (EPRNDP). Pour rĂ©aliser ce livre dâor mural, ils choisissent et apprennent la technique de lâestampage. Cette technique millĂ©naire connaĂźt ainsi un renouveau inattendu en France et permet de rĂ©vĂ©ler, voire de sauvegarder ces marques, signes, dĂ©cors et inclusions trouvĂ©s Ă la surface des murs de lâĂ©difice en restauration.
En miroir des estampages contemporains, le musĂ©e prĂ©sente une vingtaine dâestampages rĂ©alisĂ©s en Chine vers 1890â1900 de bas-reliefs de dalles funĂ©raires, de grottes bouddhiques ou de frises dĂ©coratives de stĂšles. Ceux-ci tĂ©moignent de lâintĂ©rĂȘt des voyageurs au dĂ©but du XXe siĂšcle et de la vivacitĂ© de la pratique en Chine. Ces Ćuvres ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©es au musĂ©e des Arts dĂ©coratifs en 1912 lors dâune exposition intitulĂ©e « Estampages de sculptures chinoises ». En 2026, le musĂ©e propose un nouveau regard sur ce fonds grĂące aux recherches menĂ©es en partenariat avec lâInstitut national des langues et civilisations orientales (INALCO), Madame Lia WEI, maĂźtre de confĂ©rences et les Ă©tudiantes et Ă©tudiants de son sĂ©minaire.
Lâexposition se poursuit par la prĂ©sentation de quelques exemples français des XIXe et XXe siĂšcles issus des fonds du musĂ©e et de la bibliothĂšque des Arts dĂ©coratifs. Ils rĂ©vĂšlent une pratique mĂ©morielle, un travail dâatelier, de documentation et une source dâinspiration. Dans les annĂ©es 1920, La Maison Hugon reproduit, ainsi, tous ses prototypes de peignes en en prenant des empreintes dans des albums de modĂšles. EugĂšne Grasset (1845-1917) utilise, quant Ă lui, la technique du frottis pour reproduire des plats de reliures de livres. Ămile-Auguste Reiber (1826-1893) reprend la forme et les motifs de bronze chinois de la collection dâHenri Cernuschi dans ses crĂ©ations et pour les publier dans sa revue Lâart pour tous. Le parcours se termine sur des Ćuvres graphiques de Jean Dubuffet (1901-1985) montrant lâintĂ©rĂȘt esthĂ©tique des artistes du XXe siĂšcle pour lâestampage.
#expo_langagedesmurs â Album de lâexposition
Auteur et autrices des textes : Michela Bussotti, directrice dâĂ©tudes de lâĂcole française dâExtrĂȘme-Orient / Valentine Dubard-de-Gaillarbois, conservatrice-restauratrice dâarts graphiques au musĂ©e des Arts dĂ©coratifs / Santiago Hardy, cordiste / CĂ©cile Huguet-Broquet, conservatriceârestauratrice dâarts graphiques au musĂ©e des Arts dĂ©coratifs / BĂ©atrice Quette, conservatrice, responsable des collections asiatiques et islamiques au musĂ©e des Arts dĂ©coratifs / Delphine Syvilay, ingĂ©nieure de recherche au LRMH / Lia Wei, maĂźtre de confĂ©rences en histoire des arts de la Chine, dĂ©partement dâĂ©tudes chinoises de lâInalco, et chercheuse Ă lâIFRAE.
Ă lâaide de papier et dâencre, lâestampage permet de relever lâempreinte dâun motif ou dâun texte sculptĂ© comme gravĂ© Ă la surface dâune pierre ou dâun objet. Sâil sâagit dâune la technique traditionnellement utilisĂ©e en Chine pour la diffusion des textes et inscriptions, celle-ci sâest, avec le temps, prĂȘtĂ©e Ă bien dâautres usages. En tĂ©moigne la sĂ©lection dâestampages rĂ©unis dans lâalbum Le Langage des murs. Estampages de la Chine Ă Notre-Dame. Les estampages chinois de la fin du XIXe et du dĂ©but du XXe siĂšcle, prĂ©sentĂ©s dĂšs 1912 dans une exposition de lâUnion centrale des arts dĂ©coratifs pour leur intĂ©rĂȘt archĂ©ologique et historiographique, tracent lâorigine de cette pratique Ă©galement mise en oeuvre pour relever les signes lapidaires et graffitis des murs de Notre-Dame de Paris lors de sa restauration, dans une dĂ©marche documentaire et poĂ©tique. Les frottis et estampages exĂ©cutĂ©s dans les ateliers du XIXe siĂšcle en guise de document de travail, dâarchive et de source dâinspiration, comme les Ćuvres de lâartiste Jean Dubuffet qui sâest ressaisi du procĂ©dĂ© pour ses expĂ©rimentations graphiques, donnent eux aussi un riche aperçu de cette diversitĂ©.

















