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🔊 “Face au ciel” Paul Huet en son temps, au MusĂ©e de la Vie romantique, du 14 fĂ©vrier au 30 aoĂ»t 2026

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“Face au ciel” Paul Huet en son temps

au Musée de la Vie romantique, Paris

du 14 février au 30 août 2026

Musée de la Vie Romantique


Entretien avec GaĂ«lle Rio, conservatrice gĂ©nĂ©rale du patrimoine, directrice du musĂ©e de la Vie romantique, et co-commissaire de l’exposition, par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 24 fĂ©vrier 2026, durĂ©e 40’22, © FranceFineArt.

PODCAST –  Entretien avec
Gaëlle Rio,
conservatrice gĂ©nĂ©rale du Patrimoine, directrice du MusĂ©e de la Vie Romantique, et co-commissaire de l’exposition,


par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 24 fĂ©vrier 2026, durĂ©e 40’22,
© FranceFineArt.


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Face au ciel, Paul Huet en son temps
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©Anne-Frédérique Fer et Sylvain Silleran, le 24 et 13 février 2026.


Texte Sylvain Silleran

Paul HUET (1803-1869), Le Gouffre 1861, Paris, MusĂ©e d’Orsay. Photo © GrandPalaisRmn (musĂ©e d'Orsay) / HervĂ© Lewandowski.

Paul HUET (1803-1869), Le Gouffre 1861, Paris, MusĂ©e d’Orsay. Photo © GrandPalaisRmn (musĂ©e d’Orsay) / HervĂ© Lewandowski.

Paul HUET (1803-1869), La Laïta à marée haute 1865, Quimper, Musée des Beaux-Arts. Photo © GrandPalaisRmn / Mathieu Rabeau.

Paul HUET (1803-1869), La Laïta à marée haute 1865, Quimper, Musée des Beaux-Arts. Photo © GrandPalaisRmn / Mathieu Rabeau.

Paul HUET (1803-1869), Le Cavalier, ou : Le Retour du grognard 1821, Beauvais, MUDO, MusĂ©e de l’Oise. Photo © GrandPalaisRmn (musĂ©e dĂ©partemenatal de l’Oise) / Thierry Ollivier.

Paul HUET (1803-1869), Le Cavalier, ou : Le Retour du grognard 1821, Beauvais, MUDO, MusĂ©e de l’Oise. Photo © GrandPalaisRmn (musĂ©e dĂ©partemenatal de l’Oise) / Thierry Ollivier.

Paul HUET (1803-1869), Une mare prÚs de la GlaciÚre, au crépuscule, 1821, © Département des Hauts-de-Seine / Chùteau de Sceaux, musée départemental Photo © Thomas Hennocque.

Paul HUET (1803-1869), Une mare prÚs de la GlaciÚre, au crépuscule, 1821, © Département des Hauts-de-Seine / Chùteau de Sceaux, musée départemental Photo © Thomas Hennocque.

RĂ©ouverture du musée de la Vie romantique
Musée de la vie romantique

Bienvenue Ă  la maison. La rĂ©ouverture du musĂ©e de la vie romantique Ă  Paris est une belle occasion de retrouver un peu d’enchantement. Le temps d’un petit cafĂ© sous les arbres, et nous montons quelques marches pour une visite avec GaĂ«lle Rio, directrice du musĂ©e. Ici pas de sĂ©parations pour tenir le visiteur Ă  distance des beaux meubles, cette maison Ă©vite l’écueil de la barriĂšre, du cordon, elle s’offre au visiteur, lui propose d’ĂȘtre un invitĂ©, de venir y habiter quelques instants, d’y croiser ses illustres locataires.

Nous voici dans les salons du vendredi d’Ary Scheffer oĂč se rencontrent peintres, musiciens, Ă©crivains, avec pour Ă©crin ce qui se fait de plus raffinĂ© en ameublement, vaisselle, bijoux. La lumiĂšre traverse une petite bergĂšre peinte sur verre, incrustĂ©e dans les carreaux de la fenĂȘtre. Aux murs dialoguent les tableaux, des Ɠuvres qui cohabitent non comme dans un musĂ©e mais comme dans un salon, dans l’ombre de Ferdinand-Philippe, fils aĂźnĂ© de Louis-Philippe et de sa sƓur Marie d’OrlĂ©ans Ă©lĂšve d’Ary Scheffer. Voici d’ailleurs deux petits bronzes disposĂ©s cĂŽte-Ă -cĂŽte: un portrait en pied de Ferdinand-Philippe d’OrlĂ©ans et une Jeanne d’Arc en priĂšre par Marie d’OrlĂ©ans. Au mur, Saint Luc l’évangĂ©liste cĂŽtoie Paolo et Francesca, tableau tirĂ© de l’Enfer de Dante.

A la gravitĂ© de la Jeune femme les mains jointes de Scheffer, de sa voisine la Suppliante de Claude Marie-Dubufe, succĂšdent la lĂ©gĂšretĂ© d’une Sarah Bernhardt en Mariette et d’une Georges Sand en Berrichonne. Un pastel de Delacroix offert Ă  son amie Georges Sand; un petit dessin au crayon sur un minuscule carrĂ© de papier de cette derniĂšre, portrait de son amie Pauline Viardot sont autant de souvenirs animant ces murs de mouvement et de vie. Il y a bien l’inerte, le moulage de la main gauche de Chopin, mais, sous une cloche de verre, une amazone et son lĂ©vrier bondissent, une Diane chasseresse, plĂątre de Marie d’OrlĂ©ans.

On peut s’asseoir dans des banquettes confortables et porter un Ă©couteur Ă  son oreille pour se dĂ©tendre de quelques morceaux, les Orages sonores de Liszt, tout en plongeant dans le superbe portrait de Pauline Viardot au regard Ă  l’extraordinaire mĂ©lancolie que seul ce siĂšcle put magnifier. Le salon avec ses fauteuils et sa moquette Ă©touffant le bruit des pas enveloppe le visiteur, lui permet de quitter son quotidien pour entrer dans la domesticitĂ© d’un autre temps. A l’étage, une scĂšne tirĂ©e de La TempĂȘte de Shakespeare, Miranda et Ferdinand jouant aux Ă©checs, font se rencontrer l’intime, ce qui appartient au salon, et l’épique, la tragĂ©die.

Une petite Eve tresse une couronne de fleurs, ne prĂȘtant pas attention au tumulte qui se passe autour d’elle. Place au Romantisme allemand, les tempĂȘtes et les mers dĂ©chainĂ©es du Faust de GƓthe. Une piĂšce obscure comme le salon d’une voyante est ornĂ©e de grands portraits de Faust et de Marguerite. La littĂ©rature est partout, immense et intemporelle: Shakespeare, Dumas, Chateaubriand, Schiller, Musset

Une planche botanique, une fleur de pavot de RedoutĂ© et des paysages imaginaires peints par Georges Sand Ă  l’aquarelle trouvent-ils leur source dans un poĂšme de Victor Hugo? Ary Scheffer excelle autant dans la peinture d’une famille de marin face Ă  l’incertitude de la tempĂȘte que dans le DĂ©sespoir romantique d’une jeune fille assise au bord de la mer. De l’Annonciation aux bergers Ă  la Communion d’Atala tirĂ©e de Chateaubriand, n’est-ce pas la mĂȘme histoire racontĂ©e de la mĂȘme voix?

La mort d’Harold met en scĂšne le destin d’Harold II, mort Ă  la bataille de Hastings. Ici le voilĂ  pleurĂ© par son amante, rendu Ă  l’intimitĂ©. Dans ces salons, l’histoire rencontre les arts, des histoires d’amants Ă©plorĂ©s prennent des dimensions terribles, mĂȘlant avec fureur et sensibilitĂ© le tragique et le destin.


Sylvain Silleran

Paul HUET (1803-1869), Ruines du chùteau de Pierrefonds 1867, CompiÚgne, Chùteau. Photo © GrandPalaisRmn (Domaine de CompiÚgne) / image GrandPalaisRmn.

Paul HUET (1803-1869), Ruines du chùteau de Pierrefonds, 1867, CompiÚgne, Chùteau. Photo © GrandPalaisRmn (Domaine de CompiÚgne) / image GrandPalaisRmn.

Paul HUET (1803-1869), Orage au Mont-Dore, 1835, Paris, Petit Palais. Musée des beaux-arts de la Ville de Paris CC0 Paris Musées / Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris.

Paul HUET (1803-1869), Orage au Mont-Dore, 1835, Paris, Petit Palais. Musée des beaux-arts de la Ville de Paris CC0 Paris Musées / Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris.


Extrait du communiqué de presse :

Commissariat :
Gaëlle Rio, conservatrice générale du patrimoine, directrice du musée de la Vie romantique
Dominique Lobstein, commissaire scientifique de l’exposition


« Face au ciel, Paul Huet en son temps » prĂ©sente l’Ɠuvre de l’artiste Paul Huet (1803-1869) Ă  travers le motif pictural du ciel. Peintre encore peu connu du grand public, ce proche d’Ary Scheffer est souvent considĂ©rĂ© comme l’un des prĂ©curseurs du paysage romantique en France. InspirĂ© par les grands maĂźtres anglais comme Constable et Turner, il exprime dans ses Ɠuvres les Ă©motions et la puissance de la nature en rompant avec la tradition classique.

QualifiĂ© de « prĂ©-impressionniste », Paul Huet a marquĂ© son temps et influencĂ© de nombreux artistes paysagistes comme Camille Corot. Son Ɠuvre et son expĂ©rience de la peinture de ciel sont mises en regard de celles de ses contemporains afin de mieux apprĂ©cier sa singularitĂ© et son rĂŽle dans cette Ă©poque foisonnante. GrĂące Ă  de nombreux prĂȘts issus des collections publiques françaises, ses ciels sont ainsi prĂ©sentĂ©s aux cĂŽtĂ©s de ceux de Paul Flandrin, EugĂšne Delacroix, ThĂ©odore Rousseau, Georges Michel, EugĂšne Isabey ou EugĂšne Boudin.

À la dĂ©couverte du paysage
Longtemps, la peinture de paysage a Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme un genre mineur, simple dĂ©cor dĂ©pourvu de vĂ©ritable sujet. À la fin du XVIIIe siĂšcle, sous l’impulsion du peintre Pierre-Henri de Valenciennes et de ses publications, la pratique du paysage Ă©volue et attire l’attention d’un nombre croissant d’artistes. En 1816, grĂące Ă  son influence, l’AcadĂ©mie des beaux-arts crĂ©e le prix de Rome de paysage historique. OrganisĂ© tous les quatre ans, ce concours reflĂšte l’enseignement de l’École des beaux-arts et les traitĂ©s alors en vigueur, qui imposent des compositions trĂšs codifiĂ©es. Ces rĂšgles strictes – intĂ©gration obligatoire d’un sujet historique ou mythologique, structure du paysage normĂ©e, usage des couleurs dĂ©fini – sont de plus en plus perçues comme un frein Ă  l’invention. JugĂ© trop rigide, le prix est finalement supprimĂ© en 1863. Plusieurs Ă©vĂ©nements contribuent Ă©galement Ă  faire Ă©voluer la peinture de paysage. Les artistes dĂ©couvrent d’abord la peinture anglaise – celle de Constable, Turner ou Bonington –, admirĂ©e pour sa lumiĂšre et sa spontanĂ©itĂ© bien avant sa prĂ©sentation remarquĂ©e au Salon de 1824. Par ailleurs, les artistes dits « rĂ©alistes » s’éloignent des traditions acadĂ©miques et proposent une nouvelle approche de la reprĂ©sentation de la nature. Ils travaillent sur le motif, directement face au paysage, et s’inspirent des observations scientifiques sur la lumiĂšre et les phĂ©nomĂšnes atmosphĂ©riques.

Paul Huet : le ciel, une passion précoce
Entre 1813 et 1816, alors qu’il rend visite Ă  un ami sur l’üle Seguin, situĂ©e sur la Seine, entre les villages de Boulogne et de SĂšvres, Paul Huet rencontre le peintre Jean Julien Deltil, qui y possĂšde un atelier. Ancien Ă©lĂšve de Jacques-Louis David, Deltil lui donne ses premiers conseils et l’accompagne pour peindre la nature et les ciels de la banlieue parisienne. ParallĂšlement, Huet tente une formation plus acadĂ©mique auprĂšs de deux autres Ă©lĂšves de David, Pierre-Narcisse GuĂ©rin et Antoine-Jean Gros, avec lesquels les relations restent houleuses. Il prĂ©fĂšre finalement rejoindre l’AcadĂ©mie suisse, un atelier libre trĂšs frĂ©quentĂ© par les jeunes artistes. C’est lĂ , au dĂ©but des annĂ©es 1820, qu’il rencontre EugĂšne Delacroix, dont il devient un ami proche. Il se lie aussi avec le peintre anglais Richard Parkes Bonington, dont l’influence sur lui sera dĂ©terminante. DĂšs ses dĂ©buts, Huet choisit de se consacrer Ă  la peinture de paysage. Au musĂ©e du Luxembourg, ouvert en 1818 et consacrĂ© aux artistes vivants, comme sur les cimaises du Salon parisien, il dĂ©couvre les Ɠuvres de ses contemporains : des paysages d’invention,inspirĂ©s d’une Italie idĂ©alisĂ©e, mais aussi des vues nouvelles tirĂ©es de sites pittoresques français et de situations mĂ©tĂ©orologiques extrĂȘmes. Ces dĂ©couvertes contribuent Ă  orienter son regard vers un paysage plus libre, vivant et expressif.

Dans l’arùne des expositions officielles
AcceptĂ© Ă  l’École des beaux-arts, Paul Huet ne s’adapte guĂšre Ă  l’enseignement acadĂ©mique et, faute d’un prix de Rome pour lancer sa carriĂšre, peine Ă  se faire admettre aux expositions officielles. Lorsqu’il tente sa chance, en 1827, il envoie sept peintures : une seule est acceptĂ©e, et il est probable qu’elle n’ait mĂȘme pas Ă©tĂ© accrochĂ©e. Il lui faut ensuite convaincre des journalistes toujours prĂȘts Ă  dĂ©fendre des peintres plus respectueux de la tradition, de Charlesde Laberge Ă  Louis Cabat. À partir de 1831, cependant, des critiques aussi influents que Gustave Planche et ThĂ©ophile Gautier lui consacrent des articles Ă©logieux. Le peintre reçoit en outre l’appui du prince Ferdinand-Philippe d’OrlĂ©ans, fils du roi Louis-Philippe, qui commence Ă  acheter ses tableaux Ă  partir de 1834. À cette Ă©poque, l’Italie attire moins les artistes. Sur les cimaises du Salon, les paysages français gagnent en importance : brumes, nuages et vapeurs remplacent le bleu idĂ©al des ciels classiques. Ces effets mĂ©tĂ©orologiques, particuliĂšrement propices Ă  l’expression romantique, correspondent Ă  la sensibilitĂ© de Huet. Au cours des annĂ©es 1830, Huet voyage beaucoup, en Auvergne, dans les PyrĂ©nĂ©es, jusqu’au comtĂ© de Nice et en Italie. En 1834, il expose de grandes eaux-fortes qui frappent par leur taille et leur intensitĂ©. La critique admire autant les couleurs lumineuses de ses ciels mĂ©diterranĂ©ens que la force dramatique du noir et blanc de ses gravures.

Le ciel dans tous ses états
Dans les annĂ©es 1840, le jury du Salon se montre moins sĂ©vĂšre envers Paul Huet et lui accorde plusieurs distinctions. GrĂące au soutien d’EugĂšne Delacroix, alors membre du jury, il obtient une mĂ©daille de premiĂšre classe Ă  l’Exposition universelle de 1855, la mĂȘme annĂ©e que Camille Corot. Au cours de cette pĂ©riode, Huet frĂ©quente de grandes figures littĂ©raires : Victor Hugo, Alexandre Dumas ou encore Alphonse de Lamartine, qui l’invite dans son chĂąteau de Saint-Point, en Bourgogne. Sa peinture de paysage, dĂ©jĂ  sensible et expressive, semble alors gagner une dimension plu narrative et poĂ©tique. Les personnages de son tableau Le Gouffre, prĂ©sentĂ© au Salon de 1861, Ă©voluent dans un dĂ©cor presque fantastique qui Ă©voque davantage l’imaginaire romantique du romancier Ă©cossais Walter Scott que celui des auteurs français. La critique reconnaĂźt en Huet l’un des derniers reprĂ©sentants majeurs du romantisme : un artiste qui utilise le paysage pour exprimer des Ă©motions fortes et une vision personnelle de la nature.

Le ciel transfiguré
Au milieu des annĂ©es 1860, le monde artistique connaĂźt de profonds bouleversements. L’enseignement acadĂ©mique est de plus en plus critiquĂ©, et le Salon, qui domine encore la vie artistique, fait l’objet de vives discussions. De jeunes artistes cherchent Ă  s’affranchir des rĂšgles strictes en vigueur. Ils expĂ©rimentent une maniĂšre de peindre plus libre, utilisent des couleurs plus claires, disposĂ©es sur la toile avec davantage de spontanĂ©itĂ©. Les critiques d’art de la nouvelle gĂ©nĂ©ration soutiennent ces recherches et proposent une lecture diffĂ©rente du paysage : l’étude prĂ©cise des effets atmosphĂ©riques laisse progressivement la place Ă  un intĂ©rĂȘt plus marquĂ© pour la lumiĂšre. Dans ce contexte d’évolution rapide, Paul Huet poursuit sa carriĂšre avec succĂšs. Son Ɠuvre conserve une sensibilitĂ© romantique, tout en s’adaptant parfois Ă  ces nouvelles attentes. Le gouvernement impĂ©rial lui commande plusieurs tableaux, qu’il prĂ©pare par des esquisses plus lĂ©gĂšres et rapidement brossĂ©es, peut-ĂȘtre en Ă©cho aux pratiques de la jeune gĂ©nĂ©ration. MalgrĂ© ces rĂ©ussites, l’artiste affronte l’épreuve du vieillissement, qu’il qualifie, dans ses lettres, d’« assez vilaine chose ».


Réouverture du Musée de la Vie Romantique

AprĂšs 17 mois de travaux, le musĂ©e de la Vie romantique s’apprĂȘte Ă  rouvrir ses portes au public le 14 fĂ©vrier prochain. Depuis septembre 2024, le musĂ©e — accompagnĂ© par Basalt Architecture et l’atelier Ă kiko Designers — mĂšne une opĂ©ration majeure de restauration de la maison et des ateliers du peintre Ary Scheffer.

Une rénovation patrimoniale ambitieuse
L’ambition de la rĂ©novation est de prĂ©server l’esprit du lieu et de renforcer son identitĂ© patrimoniale, tout en recrĂ©ant une atmosphĂšre harmonieuse, fidĂšle Ă  celle d’une maison d’artiste de l’époque romantique. Ce projet s’articule autour de deux axes principaux : la restauration de la maison, comprenant Ă©galement la refonte du parcours des collections permanentes, et l’amĂ©lioration significative de l’accueil et du confort des visiteurs. La rĂ©habilitation de l’enveloppe structurelle du bĂątiment, inscrit au titre des Monuments historiques, a permis d’amĂ©liorer les performances Ă©nergĂ©tiques et les conditions pour la conservation des Ɠuvres. Les travaux ont portĂ© sur la charpente, la toiture et les façades, restaurĂ©es Ă  la chaux selon les techniques traditionnelles du XIXe siĂšcle. Les menuiseries et huisseries ont Ă©galement Ă©tĂ© remises en Ă©tat dans le respect de leur configuration d’époque. ConformĂ©ment aux recommandations de la Direction rĂ©gionale des affaires culturelles d’Île-de-France, les volets ont retrouvĂ© leur teinte brun-beige initiale, tandis que l’enduit de façade a Ă©tĂ© restituĂ© dans sa couleur historique. Ainsi, la maison retrouve l’apparence qui Ă©tait la sienne en 1830, identique Ă  celle reprĂ©sentĂ©e sur un tableau conservĂ© au Dordrechts Museum, aux Pays-Bas. Cette restauration redonne au site toute l’élĂ©gance de son Ă©tat d’origine. À l’intĂ©rieur, la scĂ©nographie restitue avec fidĂ©litĂ© l’ambiance d’une demeure d’artiste du XIXe siĂšcle, dans le respect de l’esprit des lieux et la continuitĂ© du dĂ©cor conçu dans les annĂ©es 1980. Chaque piĂšce est traitĂ©e selon une gamme chromatique spĂ©cifique, avec tissus tendus aux murs, rideaux assortis, parquets restaurĂ©s et bas-lambris bruns Ă©quipĂ©s de lisses pour accueillir les cartels.L’accueil du public a Ă©tĂ© repensĂ© pour garantir confort, sĂ©curitĂ© et fluiditĂ© de circulation. DĂšs l’entrĂ©e, un espace vigipirate assure des conditions optimales de sĂ»retĂ©, tandis qu’un espace d’accueil rĂ©organisĂ© dans les bĂątiments de la cour regroupe billetterie, boutique et casiers-vestiaires. L’accessibilitĂ© aux personnes en situation de handicap a Ă©tĂ© renforcĂ©e grĂące Ă  la reprise du pavement dans l’allĂ©e et la cour, et un cheminement adaptĂ© relie dĂ©sormais le jardin au salon de thĂ© Rose Bakery installĂ© dans la serre du musĂ©e.

Un parcours totalement renouvelé pour mieux comprendre la vie romantique et le romantisme
Cette restauration d’envergure offre une prĂ©sentation des collections inĂ©dite dans un parcours musĂ©ographique entiĂšrement renouvelĂ©. FondĂ© sur un discours scientifique enrichi et une approche sensible, il met Ă  l’honneur le peintre Ary Scheffer (1795-1858), figure centrale du romantisme, dans sa maison-atelier du quartier de la Nouvelle AthĂšnes, au cƓur du 9e arrondissement de Paris. DĂ©diĂ© Ă  la « vie romantique », le rez-de-chaussĂ©e met en lumiĂšre la place de Scheffer dans son Ă©poque et son environnement artistique, en Ă©voquant le cercle prestigieux des personnalitĂ©s incontournables de son temps : FrĂ©dĂ©ric Chopin, Pauline Viardot, EugĂšne Delacroix
 Une salle entiĂšre est consacrĂ©e Ă  George Sand, figure emblĂ©matique du mouvement romantique et proche du maĂźtre des lieux. À l’étage, les visiteurs dĂ©couvriront quatre thĂ©matiques essentielles du romantisme : la nature et le paysage, le sentiment, la littĂ©rature, et le fantastique. Ces thĂ©matiques mettent en valeur la fraternitĂ© des arts, en tissant des liens entre peinture, littĂ©rature et musique. Le nouveau parcours s’accompagne de dispositifs de mĂ©diation sensible : musiques, lectures, ambiances sonores et outils numĂ©riques invitent Ă  une immersion poĂ©tique dans la pĂ©riode romantique.