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“Soul Food“

Peintures de Sylvain Silleran

du 3 octobre au 20 novembre 2014

PODCAST Interview de l’Artiste Sylvain Silleran

par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, le 2 octobre 2014, durĂ©e 7’47 ». © FranceFineArt.

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©Anne-Fréderique Fer, « work in progress ».

Sylvain Silleran, Lady Fado, acrylique sur toile, 38x55 cm, 2014.
Sylvain SilleranLady Fado, acrylique sur toile, 38×55 cm, 2014.
Sylvain Silleran, Sisters, acrylique sur bois, 116x78 cm, 2014.
Sylvain Silleran, Sisters, acrylique sur bois, 116×78 cm, 2014.
Sylvain Silleran, Good & Evil (détail), acrylique sur toile, 76x55 cm, 2014.
Sylvain SilleranGood & Evil (dĂ©tail), acrylique sur toile, 76×55 cm, 2014.

Soul Food

Je m’intĂ©resse aux cultures populaires, Ă  leur rĂ©appropriation par tous, et comment finalement elles ont crĂ©Ă© une nouvelle forme de spiritualitĂ©, façonnant nos identitĂ©s et constituant un lien commun entre nous. A travers des voyages en Asie, je me suis aperçu qu’elles touchaient tout le monde en dĂ©passant les frontières des langues et des cultures: un ado birman ou laotien Ă©coute du HipHop, joue aux jeux vidĂ©os et regarde des films et sĂ©ries TV tout comme un ado occidental.
Ces archĂ©types populaires, bon marchĂ© finalement si on les compare Ă  une culture Ă©litiste bien plus valorisĂ©e, ne doivent pas leur succès au hasard, ils portent des valeurs universelles qui nous touchent profondĂ©ment. Wonder Woman, Hello Kitty, Calamity Jane ou Betty Page, Scoobydoo ou Candy Crush ont bien plus de sens qu’on ne le voit.

De mĂŞme, la culture traditionnelle, historique, doit son impact mondial Ă  sa dĂ©sacralisation, la Joconde et les tableaux cĂ©lèbres du Louvre ne sont devenus des Ă©lĂ©ments de la pop culture mondiale qu’en Ă©tant dĂ©clinĂ©s sous forme de tshirts, mugs ou magnets de frigos, objets ‘vulgaires’ ayant perdu les attributs du ‘beau’, de l »art’, descendus de leur piĂ©destal musĂ©al.

Il y a aussi une obsession pour l’arc en ciel. Le drapeau LGBT reprĂ©sente pour moi l’essence d’un idĂ©al de paix. J’y vois une humanitĂ© unie dans le respect de ses diversitĂ©s, le droit fondamental d’ĂŞtre simplement qui on est dans son unicitĂ©, sa diffĂ©rence, et pourtant avoir sa pleine place parmi les autres en pleine Ă©galitĂ©. l’ensemble de ces individualitĂ©s quelles qu’elles soient formant une unitĂ© joyeuse, festive et lumineuse. D’autre part, j’y lis l’idĂ©e d’une sexualitĂ© libĂ©rĂ©e et heureuse, Ă©nergie positive et crĂ©atrice, sur laquelle se base une vie optimiste, fraternelle et ludique. La femme black souriante est mon cĂ´tĂ© fĂ©minin, elle est est la part fĂ©minine de ma sexualitĂ©, celle qu’il est interdit Ă  un homme hĂ©tĂ©ro d’exprimer trop fort. A travers ma peinture je crĂ©e un monde ou cette femme est triomphante, et son triomphe est celui de toutes les femmes finalement libĂ©rĂ©es de siècles de domination masculine. Parce que l’Ă©galitĂ© des sexes passe par la libĂ©ration de la femme qu’il y a en chaque homme et de celle de l’homme en chaque femme.

Enfin la nourriture et la bouche comme centre de mes personnages. Elle matĂ©rialise notre rapport au monde et au spirituel. En effet, c’est la bouche qui mange l’air, l’eau, la nourriture, qui parle, qui chante, qui rit, qui psalmodie; la bouche est la porte par laquelle le divin entre en nous, et produit en retour un souffle divin lui aussi. La bouche qui rit c’est nous quand nous sommes rassasiĂ©s de nourriture, d’amour, de joie, de savoir et de beautĂ©, quand nous sommes enfin heureux de ce que nous sommes, satisfaits de nos choix de vie, de sexualitĂ©, heureux d’ĂŞtre un homme, une femme, ou les deux Ă  la fois.

Sylvain Silleran

texte de Audrey Parvais

Sur les murs blancs de deux salles, les oeuvres de Sylvain Silleran s’apparentent à des tâches de couleurs vives. Sur chaque toile, le buste d’une même femme noire aux traits simplifiés au maximum, et dont on ne verra jamais l’intégralité du visage mais dont la bouche, rose ou rouge, constitue le point focal, sert de support à l’opposition de deux visions. Le dessin, dépouillé de ses artifices, permet alors de représenter deux mondes, l’un réel dans toute son hystérie, l’autre rêvé par l’artiste où domine l’expression d’un désir d’harmonie et de retour à l’essentiel.

Une humanité unie

Deux salles donc pour deux significations diffĂ©rentes. Dans la première, la couleur Ă©clate soulignĂ©e par les Ă©claboussures de peinture jetĂ©es sur les murs et qui encadrent les tableaux telles des explosions de joie et de fantaisie. Sous les tons vifs (…)

(lire la suite sur le catalogue)


remerciements :
Michel Barbier qui m’a aidĂ© Ă  trouver ma voie
Thomas Debeurre qui a ouvert la première porte
et Jean-Louis Garcia