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“Les Olmèques et les cultures du Golfe du Mexique” 

au musĂ©e du quai Branly – Jacques Chirac, Paris

du 9 octobre 2020 au 25 juillet 2021

musée du quai Branly

PODCAST - Interview de Cora Falero Ruiz, Conseillère scientifique, Museo Nacional de Antropología, Mexico, et co-commissaire de l’exposition, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 8 octobre 2020, durée 19’19. © FranceFineArt.
(avec l'aimable traduction de Marie-Pierre Ellie)

PODCAST –  Interview de Cora Falero Ruiz, Conseillère scientifique, Museo Nacional de AntropologĂ­a, Mexico, et co-commissaire de l’exposition,

par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 8 octobre 2020, durée 19’19, © FranceFineArt.
(avec l’aimable traduction de Marie-Pierre Ellie)


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© Anne-Frédérique Fer, présentation presse, le 8 octobre 2020.

Escultura masculina portaestandarte "El adolescente huasteco". Piedra arenisca, Posclásico Tardío 900-1521 d.C, 145x40x18 cm, Ethnie : Huasteca. N° inventaire : 10-3156. Hacienda del Consuelo, San Luis Potosí. © D.R. Secretaría de Cultura-INAH / Archivo Digital de las Colecciones del Museo Nacional de Antropología-INAH-CANON. Reproduction autorisée par Instituto Nacional de Antropología e Historia, México.
Escultura masculina portaestandarte « El adolescente huasteco ». Piedra arenisca, Posclásico Tardío 900-1521 d.C, 145x40x18 cm, Ethnie : Huasteca. N° inventaire : 10-3156. Hacienda del Consuelo, San Luis Potosí. © D.R. Secretaría de Cultura-INAH / Archivo Digital de las Colecciones del Museo Nacional de Antropología-INAH-CANON. Reproduction autorisée par Instituto Nacional de Antropología e Historia, México.
Figurilla antropomorfa sedente, Preclásico 100 a.C - 300 d.C, Ethnie : Centro de Veracruz. Cerámica, 20x12.3x11.2 cm. ©Secretaría de Cultura. INAH. MEX-CANON. Archivo Digital de las Colecciones del Museo Nacional de Antropología. Museo Nacional de Antropología, México, Mexique © D.R. Secretaría de Cultura-INAH / Archivo Digital de las Colecciones del Museo Nacional de Antropología-INAHCANON. Reproduction autorisée par Instituto Nacional de Antropología e Historia, México. Photographe : Sergio Antonio Ortiz Suarez.
Figurilla antropomorfa sedente, Preclásico 100 a.C – 300 d.C, Ethnie : Centro de Veracruz. Cerámica, 20×12.3×11.2 cm. ©SecretarĂ­a de Cultura. INAH. MEX-CANON. Archivo Digital de las Colecciones del Museo Nacional de AntropologĂ­a. Museo Nacional de AntropologĂ­a, MĂ©xico, Mexique © D.R. SecretarĂ­a de Cultura-INAH / Archivo Digital de las Colecciones del Museo Nacional de AntropologĂ­a-INAHCANON. Reproduction autorisĂ©e par Instituto Nacional de AntropologĂ­a e Historia, MĂ©xico. Photographe : Sergio Antonio Ortiz Suarez.
Caparazón de tortuga labrado, Preclásico 100 a.C - 300 d.C  N° inventaire : 10-2426. Caparazón de tortuga, 20.8x15.6x10.8 cm. Cerro de las Mesas, Veracruz. Museo Nacional de Antropología, México, Mexique. © D.R. Secretaría de Cultura-INAH / Archivo Digital de las Colecciones del Museo Nacional de Antropología-INAH-CANON. Reproduction autorisée par Instituto Nacional de Antropología e Historia, México. Photographe : Alfredo Alvarado Herrera.
CaparazĂłn de tortuga labrado, Preclásico 100 a.C – 300 d.C N° inventaire : 10-2426. CaparazĂłn de tortuga, 20.8×15.6×10.8 cm. Cerro de las Mesas, Veracruz. Museo Nacional de AntropologĂ­a, MĂ©xico, Mexique. © D.R. SecretarĂ­a de Cultura-INAH / Archivo Digital de las Colecciones del Museo Nacional de AntropologĂ­a-INAH-CANON. Reproduction autorisĂ©e par Instituto Nacional de AntropologĂ­a e Historia, MĂ©xico. Photographe : Alfredo Alvarado Herrera.
Figura "Baby face", Ethnie : Olmeca, Preclásico 1200-800 a.C. Cerámica, 44x33.3x22.9 cm. Tlapacoya, Estado de México. N° inventaire : 10-357231. © Secretaría de Cultura. INAH. MEX-CANON. Archivo Digital de las Colecciones del Museo Nacional de Antropología. Reproduction autorisée par Instituto Nacional de Antropología e Historia, México. Photographer:Jesus Valdovinos Alquicira.
Figura « Baby face », Ethnie : Olmeca, Preclásico 1200-800 a.C. Cerámica, 44×33.3×22.9 cm. Tlapacoya, Estado de MĂ©xico. N° inventaire : 10-357231. © SecretarĂ­a de Cultura. INAH. MEX-CANON. Archivo Digital de las Colecciones del Museo Nacional de AntropologĂ­a. Reproduction autorisĂ©e par Instituto Nacional de AntropologĂ­a e Historia, MĂ©xico. Photographer:Jesus Valdovinos Alquicira.
Escultura en bulto de una mujer arrodillada, Clásico 200-900 d.C, Tuxpan, Veracruz. Ethnie : Huasteca. Piedra arenisca, 83x54x38 cm. N° inventaire : 10-9796. D.R. Secretaría de Cultura-INAH / Archivo Digital de las Colecciones del Museo Nacional de Antropología-INAH-CANON
Escultura en bulto de una mujer arrodillada, Clásico 200-900 d.C, Tuxpan, Veracruz. Ethnie : Huasteca. Piedra arenisca, 83x54x38 cm. N° inventaire : 10-9796. D.R. Secretaría de Cultura-INAH / Archivo Digital de las Colecciones del Museo Nacional de Antropología-INAH-CANON
Escultura femenina, 150 d.C, Ethnie Huasteca, Tamtoc, San Luis Potosí. Piedra arenisca, 112x44x32 cm. © D.R. Secretaría de Cultura-INAH / Archivo Digital de las Colecciones del Museo Nacional de Antropología-INAH-CANON / Colección Zona Arqueológica de Tamtoc. Reproduction autorisée par Instituto Nacional de Antropología e Historia, México. Photographe : Sergio Antonio Ortiz Suarez.
Escultura femenina, 150 d.C, Ethnie Huasteca, Tamtoc, San Luis Potosí. Piedra arenisca, 112x44x32 cm. © D.R. Secretaría de Cultura-INAH / Archivo Digital de las Colecciones del Museo Nacional de Antropología-INAH-CANON / Colección Zona Arqueológica de Tamtoc. Reproduction autorisée par Instituto Nacional de Antropología e Historia, México. Photographe : Sergio Antonio Ortiz Suarez.
Sculpture dite du « Lutteur », 1500-400 av. J.-C., site d’Antonio Plaza, État du Veracruz, Mexique. Basalte. Museo Nacional de Antropología, México, Mexique
© D.R. Secretaría de Cultura-INAH / Archivo Digital de las Colecciones del Museo Nacional de Antropología-INAHCANON.
Sculpture dite du « Lutteur », 1500-400 av. J.-C., site d’Antonio Plaza, État du Veracruz, Mexique. Basalte. Museo Nacional de Antropología, México, Mexique© D.R. Secretaría de Cultura-INAH / Archivo Digital de las Colecciones del Museo Nacional de Antropología-INAHCANON.
Buste en bois, 1200-900 av. J.-C., Site d’El Manatí, état du Veracruz, Mexique. Museo Regional Tuxteco, Santiago Tuxtla, État du Veracruz, Mexique. © D.R. Secretaría de Cultura-INAH / Archivo Digital de las Colecciones del Museo Nacional de Antropología-INAH-CANON / Colección Museo Regional Tuxteco.
Buste en bois, 1200-900 av. J.-C., Site d’El Manatí, état du Veracruz, Mexique. Museo Regional Tuxteco, Santiago Tuxtla, État du Veracruz, Mexique. © D.R. Secretaría de Cultura-INAH / Archivo Digital de las Colecciones del Museo Nacional de Antropología-INAH-CANON / Colección Museo Regional Tuxteco.

Extrait du communiquĂ© de presse :


Commissariat :
Cora Falero Ruiz, Conseillère scientifique, Museo Nacional de Antropología, Mexico, Mexique
Steve Bourget, Responsable de collections Amériques au musée du quai Branly – Jacques Chirac

L’exposition Les Olmèques et les cultures du golfe du Mexique dĂ©voile, pour la première fois en Europe, la richesse culturelle de la civilisation olmèque (1600 – 400 av. J.-C.) et son influence au-delĂ  de ses frontières. Plus de 300 pièces provenant en grande partie de missions archĂ©ologiques Ă©chelonnĂ©es sur plus d’un siècle, rĂ©vèlent la multiplicitĂ© des traditions artistiques, des croyances, des langages de la civilisation olmèque et des civilisations qui l’ont suivie (jusqu’à 1500 ap. J.-C.).

C’est dans la plaine côtière au sud des états actuels de Veracruz et de Tabasco que s’épanouit, au cours des deux millénaires qui ont précédé le début de l’ère chrétienne, la culture olmèque – du mot Olmán, « pays du caoutchouc ». Lieu des débuts de la vie villageoise et de l’urbanisation citadine, on y voit apparaître des sociétés complexes, architectes des premiers grands centres cérémoniels, dont la première pyramide au site de La Venta, vers 800 avant l’ère chrétienne.

La première section de l’exposition présente ainsi certaines des réalisations les plus importantes des sites de San Lorenzo et de La Venta. Lorsque le conquistador Hernando Cortés et son équipage débarquent près de Veracruz en 1519, plus d’une vingtaine de langues sont encore parlées dans la région. Cette diversité linguistique illustre bien l’importance de ces lieux de rencontres, d’échanges et de brassage culturel que sont la côte du golfe et l’isthme de Tehuantepec.

La deuxième section de l’exposition aborde l’apparition des premières formes d’écriture et de l’utilisation du calendrier du compte-long mésoaméricain, période qui marque la fin de la civilisation olmèque. Effervescente et pluraliste, la culture olmèque se caractérise par sa capacité à transmettre, au travers d’objets décoratifs et religieux, ses valeurs symboliques et idéologiques à de nombreux groupes parlant différentes langues et vivant dans des régions éloignées.

Couvrant une période de près de 2500 ans, les oeuvres d’art et les objets somptuaires du musée de Xalapa et du musée national d’anthropologie du Mexique présentés dans la troisième section nous invitent à un parcours de découvertes jalonné par les plus beaux exemples de l’art statuaire préhispanique, de la civilisation olmèque aux cultures huastèques — dont près de 20 chef-d’oeuvres, notamment le superbe « Adolescent de Tamohi ».

L’exposition s’attache dans la quatrième section à présenter les offrandes faites aussi bien dans des lieux naturels, que des temples ou des contextes funéraires. Ce sont peut-être l’une les formes de pratique rituelle qui reflètent le plus les processus de changements culturels et la nature profondément multiethnique de la côte du golfe.

La civilisation olmèque eut une influence considérable sur une grande partie du territoire mésoaméricain, comme l’évoque la cinquième et dernière section de l’exposition. Une pensée et des influences économiques, sociales, politiques, intellectuelles et artistiques qui perdureront jusqu’à la conquête espagnole.



Parcours de l’exposition


Ie section : Les Olmèques

La civilisation olmèque se développe dans la plaine côtière du golfe du Mexique entre 1600 et 400 av. J.-C. Cette culture se reconnaît immédiatement à son style sculptural unique dont les représentants majeurs sont ses spectaculaires têtes colossales et les artéfacts de jade. L’humidité ambiante et les terres tropicales inondables de basse altitude regorgeant de ressources naturelles (flore et faune) ont favorisé le développement de l’agriculture et l’installation pérenne de populations hétérogènes et hiérarchisées. Celles-ci développent des sociétés complexes dont les spécificités de l’organisation sociale, politique et économique ne sont pas encore bien connues. Ses villes et villages, bâtis en terre, présentent à la fois des édifices monumentaux et de vastes zones résidentielles. La portée spatiale et temporelle de la civilisation olmèque dépasse largement la seule côte du golfe : des sites et artéfacts de style olmèque ont été retrouvés dans les régions du Guerrero, du Morelos, du Mexique central, du Chiapas, au Guatemala et au Costa Rica. Des reliques de style olmèque ont continué à être utilisées comme offrandes au cours des siècles qui ont suivi la disparition de cette civilisation et jusqu’à l’arrivée des conquistadors espagnols en 1519 après J.-C. Indubitablement, les voies d’approvisionnement en produits exotiques tels que le jade ont permis d’instaurer l’échange dynamique et réciproque de biens et d’idées avec les peuples voisins, proches ou éloignés, et ont favorisé la création de codes et de canons qui furent transmis à plusieurs des civilisations mésoaméricaines contemporaines et postérieures.


IIe section : Langues et Ă©critures

La côte du golfe du Mexique ancien se distingue des autres parties de la Mésoamérique par la diversité de groupes aux trajectoires culturelles distinctes qui y ont vécu et la multiplicité des langues parlées dans ses différentes régions. Grâce au développement de la civilisation olmèque, le premier millénaire avant notre ère est marqué par des avancées considérables dans les domaines de la complexité sociale et politique, de l’urbanisme, du commerce et de l’art sculptural. Tout cela avant même l’invention d’une forme d’écriture. Faute de mots gravés, les idées, les concepts et les mythes étaient reproduits et disséminés au travers de nombreuses et diverses sculptures dont la symbolique demeure difficile à décoder. Cette forme de communication visuelle chère aux Olmèques était, semble-t-il, aussi bien compréhensible des autochtones que des étrangers qui en partageaient les fondements culturels. Ce n’est que vers la fin de la période olmèque qu’on voit apparaître les premières formes d’écriture compréhensible. Plus tard, à partir du deuxième siècle de notre ère, ces signes inscrits sur la pierre témoignent de relations à longue distance entre les habitants de la côte du golfe et ceux d’autres régions. Il s’agit pour la plupart de textes et dates calendaires en écriture isthmique et maya, mais également d’autres vestiges qui mettent en évidence les relations avec Teotihuacan et, bien plus tard, les Aztèques des hauts plateaux mexicains et les zones mayas au sud.


IIIe section : Femmes et hommes du golfe

Durant trois mille ans, les différents groupes ethniques qui se sont succédés ou côtoyés dans cette région ont façonné la pierre afin de représenter leurs dieux, leurs dirigeants et de nombreux éléments de leur univers religieux et symbolique. Source inépuisable d’informations pour les archéologues et les historiens de l’art, ces oeuvres nous renseignent sur leur façon de représenter le monde symbolique et politique, sur leur manière de se vêtir et sur leurs rituels. Créées par des artisans spécialisés sous la supervision d’une élite, elles étaient utilisées comme forme d’expression idéologique et comme outil de propagande politique visant à mettre en avant les valeurs et les intérêts d’une classe dominante. Encore une fois, les Olmèques furent les premiers à lancer cette tradition d’œuvres monumentales avec les têtes colossales et les « autels » cérémoniels sculptés dans de larges blocs de pierre extraits et importés de lointains volcans. Ils représentent majoritairement des êtres humains ou des sujets aux attributs surnaturels. Plus tard chez les Huastèques, au nord de l’État du Veracruz, la tradition de la représentation humaine se perpétue avec une diversité de sujets, notamment des femmes clairement dépeintes dans des positions d’autorité. Certaines sont même casquées et dotées d’attributs militaires soulignant ainsi l’importance de leurs rôles dans toutes les sphères du pouvoir.


IVe section : Offrandes

Les offrandes sont des formes de pratique rituelle qui illustrent la nature profondément multiculturelle de la côte du golfe du Mexique. Les Olmèques, durant la période la plus ancienne, privilégient souvent la déposition d’objets en pierre polie, en caoutchouc ou en bois dans des lieux naturels caractérisés par la présence d’eau (sources, fleuves ou marécages). Par la suite, les offrandes, souvent beaucoup plus imposantes, sont plutôt déposées dans des lieux d’architecture cérémonielle avec pyramides, temples, mais aussi dans des plates-formes d’habitation. Plus tard, en fonction des époques, les dépôts d’offrandes seront déclinés sous des formes et des pratiques extrêmement variées. Il est possible d’identifier à travers celles-ci les croyances, les rites, les habiletés artistiques et artisanales, ainsi que les modèles économiques caractéristiques des habitants des différentes zones géographiques de la côte du golfe.


Ve section : Interactions

L’une des particularités de la région de la côte du golfe est sans doute le niveau d’interactions qu’elle développa avec des régions voisines, au nord, au sud et à l’ouest, pendant près de trois millénaires. Cela tient notamment à l’écologie de la région et aux caractéristiques de la plaine côtière où l’on trouve de nombreux fleuves, rivières, lagunes d’eau douce et côtières qui facilitèrent les déplacements par voie d’eau. Ces relations sont mises en évidence par la présence de nombreuses langues étrangères à la région et qui furent largement adoptées, comme le náhuatl de l’Altiplano mexicain ou le totonaque. Divers éléments de la culture matérielle démontrent également l’existence de cesinteractions notamment dans l’art monumental et les styles architecturaux. L’étude de la sculpture, de la céramique et de certains motifs iconographiques laisse également percevoir l’influence de cultures étrangères dans la région du golfe. Inversement, la présence sur l’altiplano central de divers éléments culturels originaires du golfe a également été démontrée par la découverte de céramiques, peintures pariétales, résidus de faune, restes d’ossements humains et pratiques rituelles. Les origines de traits culturels comme l’écriture et le jeu de balle, dont les traces les plus anciennes ont été retrouvées sur la côte du golfe, sont encore inconnues aujourd’hui et font toujours l’objet de débats parmi les spécialistes. Elles sont vraisemblablement multiples, fruit de la complémentarité et de la réciprocité des influences et des cultures.


Conclusion – Tamtoc

Située au centre de la Huasteca (aire culturelle huastèque), une immense région couverte par plusieurs États de la côte nord du golfe du Mexique, le site de Tamtoc a connu une longue occupation s’échelonnant sur une période d’environ 1 700 ans. Qualifiée quelquefois de capitale de la région huastèque, cette ville bâtie le long des méandres de la rivière Tampaón, compte à son apogée une population d’environ 15 000 personnes. Lieu de vie, de rituels religieux, d’enjeux politiques et d’observations astronomiques, l’endroit est progressivement urbanisé et doté de nombreux espaces civiques et d’ensembles cérémoniels. Les travaux archéologiques ont déterminé que la cité aurait connu trois grandes phases de construction. Durant les deux premières phases, qui s’échelonnent de 200 ans av. J.-C. à 600 ans de notre ère, la vie villageoise s’estompe laissant place à la formation des espaces architecturaux et aux débuts de l’urbanisation. Après un abandon de quelques siècles, la ville renaît au 11e siècle et prospère jusqu’à l’arrivée des Aztèques, puis des Espagnols au 16e siècle. La diversité des édifices dans la ville, et autour de Tamtoc, témoigne de l’existence d’une société fortement hiérarchisée, socialement complexe et dotée de groupes de production spécialisés. L’histoire de Tamtoc est étroitement liée au développement de la culture huastèque et de la région du golfe du Mexique. La conquête aztèque, désireuse de s’approprier les richesses de la formidable Huasteca, mit un terme à son hégémonie.