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“La mer, la mer, toujours recommencée” Gilles Coulon, Catherine Henriette, Valérie Winckler

à la galerie Sit Down, Paris

du 12 septembre au 3 octobre 2020

Galerie Sit Down


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© Anne-Frédérique Fer, visite de l’exposition, le 10 septembre 2020.

Catherine Henriette, Série Swell, #17. Biarritz, 2018. Tirage pigmentaire sur papier Fine Art Hahnemühle. ©Catherine Henriette, courtesy galerie Sit Down.
Catherine Henriette, Série Swell, #17. Biarritz, 2018. Tirage pigmentaire sur papier Fine Art Hahnemühle. ©Catherine Henriette, courtesy galerie Sit Down.
Valérie Winckler, Série Atlantide, #11a. 2017. Épreuve pigmenta re sur papier Canson Rag. ©Valérie Winckler, courtesy galerie Sit Down.
Valérie Winckler, Série Atlantide, #11a. 2017. Épreuve pigmenta re sur papier Canson Rag. ©Valérie Winckler, courtesy galerie Sit Down.
Valérie Winckler, Série Atlantide, #7. 2017. Épreuve pigmentaire sur papier Canson Rag. ©Valérie Winckler, courtesy galerie Sit Down.
Valérie Winckler, Série Atlantide, #7. 2017. Épreuve pigmenta re sur papier Canson Rag. ©Valérie Winckler, courtesy galerie Sit Down.
Gilles Coulon, Série Quand le ciel , Rocher du Goudoul #1. 2020. Tirage pigmentaire, sur papier Hanemule Rag. ©Gilles Coulon, courtesy galerie Sit Down.
Gilles Coulon, Série Quand le ciel , Rocher du Goudoul #1. 2020. Tirage pigmentaire, sur papier Hanemule Rag. ©Gilles Coulon, courtesy galerie Sit Down.
Catherine Henriette, Série Swell, #19. Biarritz, 2019. Tirage pigmentaire sur papier Fine Art Hahnemühle. ©Catherine Henriette, courtesy galerie Sit Down.
Catherine Henriette, Série Swell, #19. Biarritz, 2019. Tirage pigmentaire sur papier Fine Art Hahnemühle. ©Catherine Henriette, courtesy galerie Sit Down.

La mer, la mer, toujours recommencée*




Hypnotique, mystérieuse, depuis la nuit des temps, par son éternel mouvement de recommencement où le présent apportant le futur vient effacer, engloutir le passé, la mer fascine. Par son intemporalité, son infinité, elle est synonyme de légendes, de désirs d’aventures.



Par ses caractéristiques, par les conditions climatiques où sa surface miroitante, argentée, devient tempête, par sa palette changeante, abordant une robe aux tonalités irisées, progressant du bleu au vert, la mer est devenue l’un des motifs des artistes, un prétexte à capturer le paysage, à dompter la force des éléments.



En capturant l’humeur changeante de la mer, l’entrechoquement des vagues sur les rochers, les activités de loisirs qu’elle engendre, au regard de l’histoire de l’art, les artistes peintres et tout particulièrement les impressionnistes ont su saisir les différentes personnalités de celle-ci.



De ce regard sur la mer, la photographie va également s’y confronter. Dès son origine, les opérateurs ont su la fixer et les Marines de Gustave Le Gray, qu’il réalise entre 1856 et 1858, seront apparentées à l’approche des impressionnistes.



Avec La mer, la mer, toujours recommencée, l’exposition nous propose de découvrir les approches singulières de trois artistes photographes, Catherine Henriette, Valérie Winckler et Gilles Coulon. Par leur sensibilité photographique, leur regard s’est posé sur cet élément essentiel à la vie, à ses habitants, à sa faune, à sa flore, à ses motifs. De leurs oeuvres se dégagent une certaine mélodie, la mer y est vécue comme une partition où chaque élément vient s’équilibrer, s’harmoniser.



Les plongeurs de Gilles Coulon sont comme des acrobates. À la frontière de la chute et de l’élan de liberté, dans cette opportunité de l’instant et par sa composition qui fait écho à la décomposition des mouvements de Muybridge, les plongeurs se font oiseaux, signes, points, virgules venant ponctuer le rythme des vagues qui les accueillent.



Dans ce même esprit, les surfeurs de Catherine Henriette sont comme des oiseaux migrateurs, regroupés et posés sur la mer, leurs corps deviennent des notes. Du mouvement des vagues, le rythme du Swell rebondit comme une comptine entêtante. Dans une lumière crépusculaire, harmonisant le ciel, la terre et la mer, le mouvement des vagues, l’infinie de l’horizon se transforment en un opéra, en une chorégraphie des éléments.



D’une tout autre manière, Valérie Winckler cartographie les éléments de la mer. Transformant le banal en extraordinaire, à la manière d’une composition abstraite, par des jeux de transparences et d’expérimentations, la matière marine se lit comme un paysage, comme une archéologie de la calotte glaciaire. En collaborant avec la nature et en acceptant l’accident, l’image photographique devient geste pictural.



Par son mouvement de recommencement perpétuel, venant effacer l’instant précédent, la mer, par sa palette mouvante, en devenant la matière des artistes, permet d’écrire une infinité de signes, de gestes, de pensées, de possibilités.





Anne-Frédérique Fer, rédactrice en chef de FranceFineArt.com




* Vers issu du poème Le cimetière marin de Paul Valéry .