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“Jean-Marie Delaperche (1771-1843)”
Un artiste face aux tourments de l’Histoire

au Musée des Beaux-Arts d’Orléans

du 2 juin au 30 octobre 2020*

MusĂ©e des Beaux-Arts d’OrlĂ©ans

* exposition initialement ouverte au 1er février 2020, réouverte le 2 juin et prolongée jusqu’au 30 octobre 2020.

PODCAST -  Interview de Victoria Jonathan, co-fondatrice de l’agence culturelle franco-chinoise Doors et commissaire de l’exposition, par Anne-Frédérique Fer, à Jumièges, le 8 juillet 2020, durée 13’57. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Olivia Voisin, directrice des musĂ©es d’OrlĂ©ans et commissaire de l’exposition,

par Anne-Frédérique Fer, à Orléans, le 15 juillet 2020, durée 19’01, © FranceFineArt.


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© Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, visite de l’exposition avec Olivia Voisin, le 15 juillet 2020.

Jean-Marie Delaperche (Orléans, 1771 - Paris, 1843), La Mort de Priam, 1813. Crayon graphite, plume, encre et lavis d’encre métallogallique, lavis et rehauts de gouache blanche sur papier vélin. © Orléans, musée des Beaux-Arts / photo Patrice Delatouche.
Jean-Marie Delaperche (OrlĂ©ans, 1771 – Paris, 1843), La Mort de Priam, 1813. Crayon graphite, plume, encre et lavis d’encre mĂ©tallogallique, lavis et rehauts de gouache blanche sur papier vĂ©lin. © OrlĂ©ans, musĂ©e des Beaux-Arts / photo Patrice Delatouche.
Jean-Marie Delaperche (Orléans, 1771 - Paris, 1843), Le Sage s’appuyant sur la vertu descend avec résignation dans la tombe, 1817. Crayon graphite, plume et encre noire, rehauts de gouache blanche sur papier vergé lavé de bistre. © Orléans, musée des Beaux-Arts / photo Patrice Delatouche.
Jean-Marie Delaperche (OrlĂ©ans, 1771 – Paris, 1843), Le Sage s’appuyant sur la vertu descend avec rĂ©signation dans la tombe, 1817. Crayon graphite, plume et encre noire, rehauts de gouache blanche sur papier vergĂ© lavĂ© de bistre. © OrlĂ©ans, musĂ©e des Beaux-Arts / photo Patrice Delatouche.
Jean-Marie Delaperche (Orléans, 1771 - Paris, 1843), Tous les âges passent sur l’aile du Temps, vers 1817. Crayon graphite, plume, encre et lavis d’encre noire, rehauts de gouache blanche sur papier vergé lavé de bistre. © Orléans, musée des Beaux-Arts / photo Patrice Delatouche.
Jean-Marie Delaperche (OrlĂ©ans, 1771 – Paris, 1843), Tous les âges passent sur l’aile du Temps, vers 1817. Crayon graphite, plume, encre et lavis d’encre noire, rehauts de gouache blanche sur papier vergĂ© lavĂ© de bistre. © OrlĂ©ans, musĂ©e des Beaux-Arts / photo Patrice Delatouche.
Jean-Marie Delaperche (Orléans, 1771 - Paris, 1843), L’Amour, cause des plaisirs et des peines, vers 1817. Crayon graphite, plume, encre et lavis d’encre métallogallique, rehauts de gouaches blanche et jaune sur papier vélin lavé de bistre. © Orléans, musée des Beaux-Arts / photo Patrice Delatouche.
Jean-Marie Delaperche (OrlĂ©ans, 1771 – Paris, 1843), L’Amour, cause des plaisirs et des peines, vers 1817. Crayon graphite, plume, encre et lavis d’encre mĂ©tallogallique, rehauts de gouaches blanche et jaune sur papier vĂ©lin lavĂ© de bistre. © OrlĂ©ans, musĂ©e des Beaux-Arts / photo Patrice Delatouche.
Jean-Marie Delaperche (Orléans, 1771 - Paris, 1843), Les Adieux de Louis XVI à sa famille, vers 1815. Crayon graphite, plume, encre et lavis d’encre au carbone, lavis d’encre métallogallique, lavis et rehauts de gouaches blanche et beige ainsi que de gomme arabique sur papier vélin lavé à l’encre métallogallique. © Orléans, musée des Beaux-Arts / photo Patrice Delatouche.
Jean-Marie Delaperche (OrlĂ©ans, 1771 – Paris, 1843), Les Adieux de Louis XVI Ă  sa famille, vers 1815. Crayon graphite, plume, encre et lavis d’encre au carbone, lavis d’encre mĂ©tallogallique, lavis et rehauts de gouaches blanche et beige ainsi que de gomme arabique sur papier vĂ©lin lavĂ© Ă  l’encre mĂ©tallogallique. © OrlĂ©ans, musĂ©e des Beaux-Arts / photo Patrice Delatouche.
Jean-Marie Delaperche (Orléans, 1771 - Paris, 1843), Le Naufrage, 1815. Crayon graphite, plume, encre et lavis d’encre métallogallique, lavis et rehauts de gouache blanche, rehauts de gomme arabique sur papier vergé lavé de bistre. © Orléans, musée des Beaux-Arts / photo Patrice Delatouche.
Jean-Marie Delaperche (OrlĂ©ans, 1771 – Paris, 1843), Le Naufrage, 1815. Crayon graphite, plume, encre et lavis d’encre mĂ©tallogallique, lavis et rehauts de gouache blanche, rehauts de gomme arabique sur papier vergĂ© lavĂ© de bistre. © OrlĂ©ans, musĂ©e des Beaux-Arts / photo Patrice Delatouche.

Extrait du communiqué de presse :



Commissaire de l’exposition :
Olivia Voisin, directrice des musées d’Orléans

ComitĂ© scientifique :
Dominique d’Arnoult, Docteure en histoire de l’art
Mehdi Korchane, Responsable du cabinet des arts graphiques des musées d’Orléans
Sidonie Lemeux-Fraitot, Responsable des collections du Musée Girodet
Guillaume Nicoud, Docteur en histoire de l’art
Anne-Véronique Raynal, archiviste-paléographe, ingénieur de recherche au CNRS retraitée
Olivia Voisin, Directrice des musées d’Orléans





Le musée des Beaux-Arts d’Orléans consacre la première rétrospective à Jean-Marie Delaperche, un artiste majeur resté dans l’ombre jusqu’à aujourd’hui et redécouvert en 2017 avec l’identification de 91 dessins, véritables petits tableaux dignes des plus grands artistes de son temps, et dont quatre portaient la signature de Jean-Marie Delaperche, né à Orléans en 1771.



Ainsi, du 1er février au 30 octobre 2020 (réouverture post confinement le 2 juin 2020), le public sera invité à découvrir cet ensemble exceptionnel, en grande partie réalisé en Russie où l’artiste vit de 1804 à 1824, accompagné d’une soixantaine d’œuvres (peintures, sculptures, dessins, gravures, archives) provenant d’institutions prestigieuses à l’instar du Château de Versailles, du musée de l’Armée, des musées des Beaux-Arts de Reims et de Tours, des archives Ruinart et de collections privées, qui permettent de découvrir cette famille au destin dramatique.



Thérèse Laperche (1743-1814), amie du collectionneur Aignan-Thomas Desfriches, se forme d’abord au contact de Perronneau avant de poursuivre à Paris chez Greuze et Vigée-Lebrun. Elle expose en 1791 et se lie avec Mme Danton pour faire libérer son mari emprisonné pour ses idées royalistes. Elle fuit à Reims et devient le centre d’une société artistique qui l’introduit auprès des Heidsieck et des Ruinart.



Jean-Marie Delaperche (1771-1843), artiste énigmatique qui décide de construire sa carrière dans l’ombre et de faire de son pinceau son outil pour témoigner de son temps, de ses états d’âme, pour enseigner, pour méditer sur le statut de l’artiste. Il part en Russie de 1804 à 1824 et vit depuis Moscou l’enfer de l’invasion française. Il perd ses enfants, ses espoirs et produit en quelques années les plus belles oeuvres de sa carrière.



Constant Delaperche (1780-1843) s’est formé comme son grand frère Jean-Marie dans l’atelier de Jacques-Louis David. Polyglotte et doué en tout, il travaille d’abord pour la famille Ruinart avant de devenir le précepteur et artiste ordinaire des Rohan-Chabot à la Roche-Guyon, et de leur entourage (duchesse de Berry, La Rochefoucauld…). Il est l’auteur de sculptures monumentales pour l’église Saint-Roch à Paris, pour le château de La Roche-Guyon, l’église de Beaumesnil. Comme son frère, il ne signe jamais et a refusé de devenir le courtisan de la critique qui fait et défait les réputations.



Grâce au fonds du patrimoine et à une campagne de mécénat participatif, le musée des Beaux-Arts d’Orléans a pu acquérir ces 91 dessins et reconstituer au gré des archives la vie tumultueuse de ce peintre, de son frère et de leur mère, famille d’artistes hauts en couleur originaires d’Orléans et qui continuent leur carrière à Paris, Moscou, chez les Ruinart à Reims ou les Rohan-Chabot à La Roche-Guyon.



Nous découvrons notamment un artiste parmi les plus talentueux de son temps, chez qui le dessin allie une grande technicité à une puissance dramatique et allégorique, mais également des documents qui s’avèrent être d’une grande portée historique, renseignant notamment sur le regard d’un artiste royaliste sur les crimes commis par Napoléon. L’artiste ainsi que sa famille ont en effet été les témoins d’une période historique plus que mouvementée, assistant, pinceau à la main, à la mort de Louis XVI, à la campagne de Russie, à la chute de Napoléon puis à celle des Bourbons. C’est ainsi que l’on découvre les adieux de Louis XVI à sa famille, un hussard surgissant au milieu d’une scène tragique ou encore de véritables scènes épiques empruntées à la mythologie grecque qui ne sont pas sans rappeler le contexte politique auquel est confronté l’artiste.



De Paris à Moscou et d’Orléans à Saint-Malo en passant par Reims, cette famille de peintres révèle la difficile vie d’artiste qui attend ceux qui choisissent le chemin des arts. Leur longue existence entre la Révolution et la Monarchie de Juillet se transforme en aventures trépidantes qui les conduisent sur les routes d’Allemagne pour le compte de la maison de champagnes Ruinart, à Moscou dans l’entourage des poètes Venevitinov et Pouchkine ou à La Roche Guyon, auprès des Rohan-Chabot qui ouvrent les portes de nouveaux commanditaires.



A travers la carrière des Delaperche apparait toute l’histoire et la vie artistique d’un XIXe siècle vu par les yeux d’artistes maudits qui nous emportent dans les fureurs de leur époque.





Un catalogue publié chez Snoeck accompagne l’exposition.


Le mystère Delaperche


En avril 2017 apparaissait sur le marché de l’art un ensemble de 91 dessins, d’une main inconnue et rivalisant pourtant avec les plus grands néoclassiques. Quatre étaient signés Laperche, trois localisés en Russie et datés entre 1812 et 1815. Peu de temps fut nécessaire pour comprendre qu’ils étaient les premières oeuvres identifiées du peintre orléanais également connu sous le nom de Delaperche et dont nous ne savions quasiment rien, ce qui laissait alors penser qu’il avait été bien peu.

Une campagne de mécénat participatif et le Fonds du patrimoine ont permis au musée des Beaux-Arts d’acquérir les précieuses feuilles. Il aura fallu près de trois ans pour reconstituer un puzzle fait d’indices laissés parfois au hasard et, avec un travail d’enquêteur, reconstruire la biographie de ce personnage hors du commun, qui conduisait sur les traces d’une mère, figure phare de l’Orléans des Lumières, et d’un frère, alter ego des heures sombres, eux aussi peintres.

Artiste mystérieux, il l’est avant tout par le peu de traces égrainées sur son chemin en dépit d’une longue vie, comme s’il n’avait été qu’une ombre mélancolique traversant en témoin silencieux l’Ancien Régime, les années de la Révolution, l’Empire, la Restauration et la monarchie de Juillet. La perfection graphique de ces dessins, datés entre 1800 et 1820, ne peut venir d’un débutant ni être les seules réalisations d’un artiste dont la carrière se prolonge durant encore vingt ans. Ce peintre qui, comme son frère, a vécu loin des sphères officielles, refusant de signer ses oeuvres et préférant sa liberté au diktat de la critique, reste encore à découvrir et son corpus, probablement bien plus vaste, à établir. Parions qu’après cette exposition d’autres oeuvres réapparaitront.

D’Orléans à Moscou, d’annotations autographes en souvenirs de contemporains, de preuves tangibles en registres où se pose la question de savoir si nous sommes bien face à ceux que nous traquons, le mystère épais demeure en partie et ne rend que plus attachants ces Delaperche dont l’histoire commence ici.