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“Coeurs“

Du romantisme dans l’art contemporain au Musée de la Vie Romantique, Paris

du 14 fĂ©vrier au 12 juillet 2020 (prolongĂ©e jusqu’au 13 septembre 2020)

Musée Vie Romantique.fr

À partir du 16 juin prochain, le public pourra retrouver progressivement les collections et les expositions des musées de la Ville de Paris en toute sécurité.
Conformément aux directives du gouvernement et afin de garantir une protection optimale durant les visites, les musées de la Ville de Paris ont mis en place des mesures sanitaires et de nouvelles dispositions d’accueil après 3 mois de fermeture.
Désormais, pour visiter les expositions temporaires, la réservation en ligne d’un billet horodaté est nécessaire pour tous, y compris les détenteurs de la carte Paris Musées, afin de garantir un contrôle optimal des jauges pour assurer des visites en toute sécurité. Ces réservations ouvriront dès le mardi 9 juin 2020 sur : www.billetterie-parismusees.paris.fr L’accès aux collections permanentes restera gratuit et sans réservation.

PODCAST Interview de GaĂ«lle Rio et de Maribel Nadal JovĂ©, commissaires de l’exposition,

par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 13 fĂ©vrier 2020, durĂ©e 11’42.  © FranceFineArt.

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©Anne-Fréderique Fer, vernissage presse, le 13 février 2020.

Winshluss, Comme un oignon… 2001. Technique mixte sur papier, 14,5 x 10 cm. © D.R Courtesy Galerie GP &N Vallois, Paris.
WinshlussComme un oignon… 2001. Technique mixte sur papier, 14,5 x 10 cm. © D.R Courtesy Galerie GP &N Vallois, Paris.
Niki de Saint Phalle, My heart, 1965. Peinture collage sur bois. Collection privée, Courtesy Niki Charitable Art Foundation and Galerie GP & N.Vallois, Paris. © D.R. © Adagp, Paris, 2020.
Niki de Saint PhalleMy heart, 1965. Peinture collage sur bois. Collection privée, Courtesy Niki Charitable Art Foundation and Galerie GP & N.Vallois, Paris. © D.R. © Adagp, Paris, 2020.
Jean-Michel Othoniel, Kokoro, 2012. Aquarelle sur papier 26 x 36 cm. Collection privée, Othoniel Studio . © Adagp, Paris, 2020.
Jean-Michel OthonielKokoro, 2012. Aquarelle sur papier 26 x 36 cm. Collection privée, Othoniel Studio . © Adagp, Paris, 2020.

Extrait du communiqué de presse :

commissariat :
Gaëlle Rio, directrice, musée de la Vie romantique
Maribel Nadal Jové, commissaire invitée




Le musée de la Vie romantique présente une sélection inattendue de 40 oeuvres de trente artistes contemporains autour de la représentation du coeur comme expression du sentiment amoureux, en écho à l’une des thématiques phares du romantisme.

Cette exposition souhaite ouvrir la programmation du musée au-delà du XIXe siècle en explorant les prolongements du romantisme dans l’art contemporain, en résonance avec ses collections. À la manière des écrivains et peintres romantiques qui inscrivaient les passions au coeur de leur création, l’exposition invite à une découverte esthétique du coeur et de sa représentation.

Le coeur en tant qu’organe, motif et symbole est prĂ©sentĂ© ici Ă  travers diffĂ©rentes techniques : peinture, dessin, sculpture, cĂ©ramique, nĂ©on et photographie. Certains artistes Ă©voquent leurs sentiments et leurs tourments intĂ©rieurs en harmonie avec le romantisme du XIXe siècle. D’autres reprennent le motif en tant que forme esthĂ©tique et invitent Ă  des pensĂ©es humanistes en ouvrant des horizons de sensibilitĂ© vers le rĂŞve, l’idĂ©al et le sublime. Outre les figures emblĂ©matiques de Niki de Saint Phalle, Jim Dine, Annette Messager, Sophie Calle, Pierre et Gilles, Jean-Michel Othoniel et Françoise PĂ©trovitch, le visiteur pourra dĂ©couvrir dans cette prĂ©sentation une vingtaine d’autres artistes.

Le parcours se décline en sept sections autour d’un récit sur l’amour et se poursuit dans l’ensemble du musée, invitant le visiteur à revoir de façon sensible et poétique les collections permanentes du musée. Le principe de la déambulation permet de faire ressentir au public les multiples nuances du sentiment amoureux en évoquant les grands thèmes de la séduction, du coup de foudre, de la déclaration d’amour, de l’érotisme, de la rupture, du deuil et de l’amour éternel. Des miniatures, dessins et objets précieux, aux côtés de formats plus spectaculaires, mêlant une approche naturaliste à une vision idéaliste, illustrent ce motif populaire, son sens symbolique et ses appropriations esthétiques dans l’art d’aujourd’hui.vvCette exposition ouvrira pour la Saint-Valentin, lors d’une journée exceptionnelle gratuite destinée à tous les amoureux de l’art, de la musique et de la poésie. Une riche programmation culturelle, des animations et des dispositifs de médiation comme un photomaton, un parcours de visite pour les enfants, une carte du coeur ainsi que des visites guidées et des ateliers, feront battre le coeur du public au musée de la Vie romantique.



Artistes prĂ©sentĂ©s :
Martine Aballéa, Pilar Albarracín, John M. Armleder, Gilles Barbier, Ronda Bautista, Sophie Calle, Hsia-Fei Chang, Delphine Coindet, Jim Dine, Jacques Halbert, Oda Jaune, Ouka Leele, Philippe Mayaux, Annette Messager, Marc Molk, Mrzyk & Moriceau, Claude Nori, Vincent Olinet, Jorge Orta, Jean-Michel Othoniel, Françoise Pétrovitch, Pierre et Gilles, Sarah Pucci, Agatha Ruiz de la Prada, Niki de Saint Phalle, Ida Tursic et Wilfried Mille, Luise Unger, Winshluss.






Parcours de l’exposition :

PrĂ©sentĂ©e dans les deux espaces du grand atelier du peintre Ary Scheffer, l’exposition Coeurs, du romantisme dans l’art contemporain invite Ă  dĂ©couvrir une quarantaine d’oeuvres de trente artistes actuels, autour de la reprĂ©sentation du coeur. Le parcours, organisĂ© autour de sept sections, dessine les contours d’un coeur multiple : coeur ouvert, coeur artiste, coeur symbole, coeur amoureux, coeur brisĂ©, coeur gravĂ© et coeur Ă©ternel.


Coeur ouvert
Le coeur est d’abord un organe cachĂ©. Inaccessible aux regards, il est central dans la mĂ©canique humaine et donne, par ses battements, la preuve d’un corps vivant. Si son fonctionnement et son anatomie sont aujourd’hui connus, la dissection des corps humains a longtemps Ă©tĂ© interdite, laissant libre cours au dĂ©veloppement de puissantes projections symboliques. Les progrès scientifiques n’ont pas effacĂ© cette part mystĂ©rieuse du coeur, que les oeuvres rassemblĂ©es ici traduisent. Les artistes se saisissent de l’anatomie cardiaque tout en la dĂ©tournant : Luise Unger utilise des fils d’acier pour figurer l’organe tandis qu’Oda Jaune met en scène une opĂ©ration Ă  coeur ouvert, rĂ©alisĂ©e par d’étranges crĂ©atures hybrides. Ă€ la fidĂ©litĂ© anatomique de la reprĂ©sentation s’ajoute toujours une profondeur mĂ©taphorique et poĂ©tique.


Coeur artiste
Cette exhortation d’Alfred de Musset fait du coeur le lieu originel de la crĂ©ation et une mĂ©taphore de la dĂ©marche artistique : l’art vient du coeur, le coeur est artiste. Les oeuvres rĂ©unies ici prĂ©sentent toutes le coeur de leurs crĂ©ateurs. En le mettant en scène, les artistes composent leurs autoportraits respectifs. ReprĂ©senter son coeur est une façon d’exprimer ses sentiments profonds, de retracer son histoire, de rendre palpables ses pulsations intĂ©rieures. En devenant visible, le coeur se transforme en un organe extĂ©rieur ; Pilar AlbarracĂ­n, Marc Molk, Ouka Leele ainsi qu’Ida Tursic et Wilfried Mille jouent sur l’effet produit par cette inversion. Les artistes vont parfois jusqu’à le dĂ©poser hors du corps humain, rendant possibles de vĂ©ritables radiographies, tantĂ´t humoristiques, tantĂ´t fĂ©roces, de leurs intĂ©rioritĂ©s, tel le coeur de Niki de Saint Phalle.


Coeur symbole
Le coeur est représenté par un triangle adouci, séparé d’une échancrure en une symétrie parfaite et le plus souvent de couleur rouge sang. Il ne s’agit pas d’une simplification formelle de l’organe, mais probablement d’une représentation schématique de la feuille de lierre, qui reste vivace toute l’année. Forme parmi les plus courantes de l’iconographie populaire, elle est devenue le symbole universel de l’amour. Plane et frontale, elle est facilement reproductible et très largement utilisée, depuis les dessins d’enfants jusqu’aux émojis des téléphones portables. Le symbole du coeur fonctionne comme un signe que les artistes détournent au gré de leur sensibilité artistique. À l’immense coeur voluptueux de Jim Dine, répondent les formes plus poétiques et fugitives des cerises et petits pois de Jacques Halbert et des perles de Jean-Michel Othoniel tandis que Françoise Pétrovitch figure l’ambivalence du coeur, témoin à la fois des premiers émois et des premiers tourments.


Coeur amoureux
Le coeur est avant tout le symbole de l’amour. Au XIXe siècle, ce sentiment devient l’idĂ©al des passions humaines et exige alors une alliance absolue des âmes et des corps. L’accĂ©lĂ©ration cardiaque provoquĂ©e par l’état amoureux est sĂ»rement pour beaucoup dans cette association. Cette mystique amoureuse romantique, incarnĂ©e par la communion physique et spirituelle entre deux ĂŞtres, irrigue toujours nos sociĂ©tĂ©s contemporaines. Des artistes comme Ronda Bautista convoquent le coeur pour raconter des histoires d’amour et de couples, du coup de foudre Ă  la vie conjugale. Ici, le coeur amoureux est multiple : parfois mièvre et d’un kitsch assumĂ© par Pierre et Gilles, parfois Ă©rotisĂ© ou dĂ©tournĂ© avec humour par Philippe Mayaux ou le duo Mrzyk & Moriceau, souvent tendre, toujours romantique, comme dans le tableau abstrait de John M. Armleder oĂą un coeur bicolore occupe la place du soleil.


Coeur brisé
Pour les artistes et les Ă©crivains romantiques, la blessure d’amour Ă©tait un puissant motif de crĂ©ation et la condition d’une vie pleinement vĂ©cue : « J’ai souffert souvent (…) mais j’ai aimĂ©. C’est moi qui ai vĂ©cu Â» affirme Perdican Ă  Camille dans On ne badine pas avec l’amour d’Alfred de Musset. Le coeur est, par excellence, le foyer de la maladie d’amour et des tourments qui l’accompagnent. L’imaginaire amoureux contemporain prolonge cette grammaire romantique du chagrin, figurĂ©e par le coeur naufragĂ© d’Annette Messager, le coeur transpercĂ© de Marc Molk ou celui suturĂ© de Winshluss. Toutes les facettes du coeur brisĂ© sont ainsi explorĂ©es. Françoise PĂ©trovitch met en scène la cruautĂ© de l’être aimĂ© et la captivitĂ© du coeur tandis que Sophie Calle va jusqu’à Ă©voquer la mort et le deuil. ParĂ©s de noir et empreints d’une tristesse singulière, ces diffĂ©rents coeurs Ă©voquent l’universalitĂ© et l’intemporalitĂ© du chagrin amoureux et deviennent des supports Ă  projection pour ceux qui les regardent.


Coeur gravé
Lorsque les coeurs ont Ă©tĂ© tourmentĂ©s, blessĂ©s ou brisĂ©s, que reste-t-il des histoires d’amour ? Alors que les Ă©crivains et les peintres romantiques plaçaient le coeur au centre de leurs oeuvres pour immortaliser leurs sentiments, les artistes d’aujourd’hui rendent hommage Ă  cet imaginaire amoureux qui perdure au-delĂ  de la relation vĂ©cue. Claude Nori photographie les graffitis d’amoureux sur la cĂ´te italienne et dans la maison de RomĂ©o et Juliette Ă  VĂ©rone tandis que Marc Molk associe la littĂ©rature au dessin en rĂ©alisant un calligramme-manifeste proclamant l’idĂ©al romantique. Vincent Olinet et Hsia-Fei Chang soumettent le coeur Ă  la puissance du hasard et Ă  l’éternitĂ© des sentiments. L’écrit – archive concrète des relations passĂ©es – est une matière inĂ©puisable pour questionner les coeurs et les graver dans la durĂ©e.


Coeur Ă©ternel
Comment raconter le coeur au-delĂ  du temps ? Le dĂ©nouement tragique de RomĂ©o et Juliette de Shakespeare inspire toujours prodigieusement les imaginaires amoureux. Chez les artistes romantiques, la recherche d’un amour qui transcende les existences s’exprime par des liens Ă©troits avec la mort. La reprĂ©sentation du coeur dĂ©passe ainsi la durĂ©e circonscrite des vies humaines et cherche Ă  atteindre l’immortalitĂ© nĂ©cessaire Ă  l’amour Ă©ternel, comme l’illustre le crâne spectaculaire de Gilles Barbier. Mais les mutations rapides de nos sociĂ©tĂ©s contemporaines interrogent : comment aimerons-nous dans le futur et Ă  quoi ressembleront les coeurs qui nous suivront ? ProjetĂ©s dans un autre temps que le nĂ´tre et dans un avenir que nous ne connaissons pas, les coeurs du futur d’Hsia-Fei Chang et de Martine AballĂ©a sont soumis Ă  tous les possibles.


L’exposition se prolonge dans les espaces des collections permanentes du musĂ©e : atelier salon et pavillon. La bibliothèque de l’atelier-salon prĂ©sente d’autres facettes revĂŞtues par le coeur : le coeur mystique, le coeur anatomique, le coeur profane des cartes Ă  jouer, le coeur littĂ©raire des auteurs romantiques. D’autres oeuvres ponctuent le parcours des collections : l’ObĂ©lisque aux coeurs rouges de Niki de Saint Phalle, vĂ©ritable manifeste des sentiments de l’artiste, Ă©voque une vision Ă©rotisĂ©e et radicale de l’imaginaire amoureux contemporain. Dans le pavillon, les coeurs dessinĂ©s, façonnĂ©s, tissĂ©s de Jorge Orta, Agatha Ruiz de la Prada et Delphine Coindet trouvent leur place aux cĂ´tĂ©s des quatre petits bijoux provenant des souvenirs de George Sand conservĂ©s au musĂ©e.