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“Charlotte Charbonnel” Geoscopia

à l’Abbaye de Maubuisson,
site d’art contemporain du Conseil départemental du Val d’Oise,
Saint-Ouen l’Aumône (95)

du 13 septembre 2020 au 21 fĂ©vrier 2021 (prolongĂ©e jusqu’au 14 mars 2021)

Abbaye de Maubuisson

PODCAST - Interview de Charlotte Charbonnel, par Anne-Frédérique Fer, à Saint-Ouen l’Aumône, le 19 novembre 2020, durée 21’09. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Charlotte Charbonnel,

par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Saint-Ouen l’AumĂ´ne, le 19 novembre 2020, durĂ©e 21’09, © FranceFineArt.


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© Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, visite de l’exposition avec Charlotte Charbonnel, le 19 novembre 2020.

Charlotte Charbonnel, Arkhê Source, 2020. Exposition de Charlotte Charbonnel à l’Abbaye de Maubuisson, Photo C. Brossais – CDVO.
Charlotte Charbonnel, Arkhê Source, 2020. Exposition de Charlotte Charbonnel à l’Abbaye de Maubuisson, Photo C. Brossais – CDVO.
Charlotte Charbonnel, Les chants de Malodunum, 2020. Exposition de Charlotte Charbonnel à l’Abbaye de Maubuisson, Photo C. Brossais - CDVO
Charlotte Charbonnel, Les chants de Malodunum, 2020. Exposition de Charlotte Charbonnel Ă  l’Abbaye de Maubuisson, Photo C. Brossais – CDVO
Charlotte Charbonnel, Les chants de Malodunum, 2020. Exposition de Charlotte Charbonnel à l’Abbaye de Maubuisson, Photo C. Brossais - CDVO
Charlotte Charbonnel, Les chants de Malodunum, 2020. Exposition de Charlotte Charbonnel Ă  l’Abbaye de Maubuisson, Photo C. Brossais – CDVO
Charlotte Charbonnel, Continuum, 2020. Exposition de Charlotte Charbonnel à l’Abbaye de Maubuisson, Photo C. Brossais – CDVO
Charlotte Charbonnel, Continuum, 2020. Exposition de Charlotte Charbonnel à l’Abbaye de Maubuisson, Photo C. Brossais – CDVO
Charlotte Charbonnel, Rémanences, 2020. Exposition de Charlotte Charbonnel à l’Abbaye de Maubuisson, Photo C. Brossais -CDVO
Charlotte Charbonnel, Rémanences, 2020. Exposition de Charlotte Charbonnel à l’Abbaye de Maubuisson, Photo C. Brossais -CDVO
Charlotte Charbonnel, Pneumaphonie, 2020. Exposition de Charlotte Charbonnel à l’Abbaye de Maubuisson, Photo C. Brossais – CDVO
Charlotte Charbonnel, Pneumaphonie, 2020. Exposition de Charlotte Charbonnel à l’Abbaye de Maubuisson, Photo C. Brossais – CDVO
Charlotte Charbonnel, Êléktra, 2020. Exposition de Charlotte Charbonnel à l’Abbaye de Maubuisson, Photo C. Brossais - CDVO
Charlotte Charbonnel, ĂŠlĂ©ktra, 2020. Exposition de Charlotte Charbonnel Ă  l’Abbaye de Maubuisson, Photo C. Brossais – CDVO

Extrait du communiquĂ© de presse :




Charlotte Charbonnel est une artiste intéressée par l’énergie contenue dans la matière. Elle sonde notre environnement pour en faire surgir, entre autres, les forces naturelles et nous en faire ressentir les flux. À l’écoute du monde, elle a exploré et transmis la vibration acoustique des lieux où elle a été invitée à exposer.



Ainsi choisit-elle de nous faire Ă©couter les « chants de la terre Â» de l’Abbaye de Maubuisson en puisant dans ses sous-sols. Par l’entremise d’un savant appareillage, le dispositif qui les capte en amplifie la rĂ©sonance et permet Ă©galement leur circulation dans l’espace d’exposition. D’autres dispositifs placĂ©s Ă  l’extĂ©rieur de l’abbaye prĂ©lèvent Ă©galement les Ă©nergies contenues dans l’atmosphère qui s’unissent Ă  ces vibrations souterraines.



Charlotte Charbonnel transpose ces énergies mêlées en une trajectoire sensorielle, des éléments visuels et sonores qui se déploient depuis la salle du parloir jusqu’aux anciennes latrines. Les installations imaginées par Charlotte Charbonnel sont souvent les instruments d’une description poétique du monde. Elles se situent au carrefour d’une recherche scientifique et d’une contemplation par immersion.



LiĂ©es Ă  une fonction de captation et de rĂ©partition de flux invisibles, les oeuvres de l’artiste se caractĂ©risent par leurs formes Ă©purĂ©es. Ses installations Ă©voquent des outils d’enregistrement scientifique ou l’anatomie sophistiquĂ©e d’instruments de musique. RĂ©alisĂ©es Ă  l’appui de recherches prĂ©alables, elles sont souvent produites avec la collaboration de scientifiques ou de spĂ©cialistes. Au-delĂ  de leurs qualitĂ©s esthĂ©tiques, les matĂ©riaux qui les composent – verre, cuivre, terre cuite, quartz et mĂ©tal â€“ sont d’abord choisis pour leurs qualitĂ©s physiques de conduction et de rĂ©sonance.



DisposĂ©s autour du large pilier central de la salle du parloir, des bols en terre cuite, quartz et laiton ouvrent le chant de la terre de l’abbaye. Ils vibrent et s’entrechoquent, comme jouĂ©s par les ondes puisĂ©es des sous-sols et les Ă©nergies prĂ©levĂ©es de l’atmosphère. Le dispositif qui les capte en amplifie la rĂ©sonance et permet Ă©galement leur circulation dans l’espace d’exposition. PropagĂ©es dans le couloir empruntĂ© par les moniales pour un « passage aux champs Â», ces ondes activent ensuite un pendule imposant. Son mĂ©canisme entraĂ®ne lui-mĂŞme une rangĂ©e d’épingles en un mouvement de flux et de reflux. Le nombre stupĂ©fiant d’épingles consignĂ© dans un livre de comptes de l’abbaye datant du 18e siècle a inspirĂ© cette machine Ă  l’artiste. Sa pulsation mĂ©canique peut Ă©voquer la stricte rĂ©partition des tâches des moniales, la structure de leur emploi du temps alternant activitĂ©s domestiques et spirituelles, d’après un rythme propre Ă  l’écosystème en vase clos de l’abbaye.



Dans la grande salle des religieuses, ces mêmes ondes à nouveau recueillies sont réparties et canalisées dans un instrument formé de trois longues cannes, suspendu au plafond. Produisant des souffles le traversant, elles font osciller l’instrument. Ces cannes mobiles, tournées vers le sol, rendent visible cette respiration en dessinant des tracés aléatoires et éphémères dans le sable qui le recouvre.



Le courant Ă©lectrique accumulĂ© tout au long de ce dĂ©placement de flux magnĂ©tiques, comme poussĂ© jusqu’à l’antichambre jouxtant les latrines, produit un phĂ©nomène tĂ©nu de lumière, proche de l’éclair ou de l’aurore borĂ©ale. Pour la dernière station d’une transformation en chaĂ®ne menĂ©e depuis l’entrĂ©e de l’abbaye, Charlotte Charbonnel nous abandonne Ă  l’obscuritĂ© des latrines en une plongĂ©e ultime, et comme originelle, dans le chant tellurique des lieux. Elle nous fait ainsi progressivement remonter Ă  la source sonore brute qu’elle n’aura cessĂ© de conduire, de moduler et de nous faire traverser, Ă  l’appui des qualitĂ©s architecturales de l’abbaye devenue caisse de rĂ©sonance d’un « chant de la terre Â» qui la supporte.