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“Chadine Amghar” finaliste du concours La Convocation

Dans le cadre de notre partenariat média avec le concours La Convocation, dédié aux élèves inscrits en écoles d’art, les 10 finalistes se prêtent à l’exercice de l’interview, aujourd’hui, nous découvrons le travail de Chadine Amghar.



www.laconvocation.fr

032_Chadine-Amghar032_Chadine-Amghar032_Chadine-AmgharLégendes de gauche à droite :
1/  Portait de Chadine Amghar.
2/  Chadine Amghar, Paysages, Série de 5 maquettes de 40x20x10cm, carton-plume, colle.
3/  Chadine Amghar, Débranché, Arbre démonté et rangé (5m).

 


Quel est votre parcours avant d’entrer en école d’art ?
J’ai grandi entre saucisson et merguez en banlieue parisienne. À part la danse, je n’avais aucune pratique artistique avant d’entrer en prépa à Starter. En y travaillant quotidiennement avec Rebecca Bournigault, Bertille Bak, Antoine Desailly, Fériel Bouhsaki, j’ai découvert des médiums comme l’installation ou la performance. Avant ça, mon seul rapport à l’art était d’aller très souvent au Palais de Tokyo ou au Centre Pompidou.

Quelle est votre école ? Comment l’avez-vous choisi ? Avez-vous préparé plusieurs concours en école d’art ? Votre école actuelle était-elle votre premier choix ?
J’ai passé sept concours d’écoles nationales d’Art (Paris, Cergy, Bordeaux, Bourges, Nice, Bretagne et Nantes) et j’y ai été reçue. J’ai choisi les Beaux-Arts de Paris pour la méthode d’enseignement, basée sur l’atelier. J’ai besoin de beaucoup pratiquer, de travailler sans arrêt sur mes propres pistes, sans contraintes.

Aujourd’hui en février 2017, à quelle étape de votre “scolarité” êtes-vous arrivé(e) ?
Je suis en 1ère année à l’ENSBA, à la fin du 1er semestre.

Quelle est votre pratique plastique ? Comment votre pratique s’est elle imposée à vous ? Pouvez-vous nous raconter sa naissance, son histoire ?
Je ne me considère pas encore classée dans une pratique définie. Mon dossier d’entrée aux écoles touchait encore un peu à tout et je continue à être pluridisciplinaire. Je suis sans aucune technique, le fait de ne rien savoir faire c’est peut-être ça ma pratique artistique. Je travaille beaucoup avec les matériaux que j’ai sous la main, les chutes, un cutter, un pistolet à colle.

Comment définissez-vous votre pratique plastique ?
Je me dis toujours que j’aimerais que ce que l’on voit soit accessible, qu’on se dise qu’on aurait pu le faire aussi, parce que c’est bancal. Au premier abord on se dit que c’est bien fait, précis, et à bien y regarder on découvre que c’est collé vite fait, mal dessiné, que les perspectives sont fausses, c’est fait comme n’importe qui aurait pu le faire. Dans les expositions ont entend souvent des gens dire « J’aurais pu le faire ». Moi j’aime bien qu’avec mon travail ça soit vrai.

Si vous deviez résumer votre pratique plastique en 5 mots, quels seraient-ils et pourquoi ?
Dérisoire. Autodérision. Quotidien. Architecture. Absurdité. Le faussement bien fait, le faussement propre de mon travail.

Comment se nourrit votre pratique plastique ? Quelles sont vos influences, vos références ? L’histoire ou votre histoire personnelle fait-elle partie des sources d’inspiration de votre pratique ?
Ma pratique plastique se nourrit de ce que je vois chaque jour, des immeubles, de la rue, des situations. J’ai un esprit un peu obsessionnel, je cherche à transformer sans arrêt ce que je vois en pièces. D’une simple scène de vie dans un bus, je me dis direct que l’on pourrait en faire une performance ou une installation, je m’arrête dans la rue devant des tas de poubelles, ça me fait rire moi-même de voir à quel point ça m’intéresse. D’ailleurs je réfléchis même à faire une pièce sur ça…

Si vous avez eu une autre formation, une autre vie, avant d’entrer en école d’art, est ce que celle-ci a une influence sur votre pratique ?
Non. L’histoire ou mon histoire ne font pas partie de mes inspirations, aujourd’hui en tout cas. Enfin sauf si le quotidien, c’est de l’histoire personnelle.

Pouvez-vous nous d’écrire l’œuvre qui vous semble pour l’instant la plus aboutie et qui définit aux mieux votre pratique ?
J’ai du mal avec l’idée d’une œuvre aboutie. Déjà, mon travail est toujours un peu mal fini, donc bon.... J’ai du mal à savoir quand une pièce est finie, alors aboutie… Disons que pour moi ma pièce la plus aboutie c’est Débranchage, où je démonte un arbre et je le range en kit (je le fais en ce moment avec un chêne de 35 mètres, pour la ville de Bordeaux). Mais c’est « abouti » parce que c’est fini au sens où chaque branche jusqu’à la plus petite est rangée, elles sont l’une à côté de l’autre, donc c’est fini et abouti quand je pose le dernier bourgeon.

Comment pensez-vous et envisagez-vous l’évolution de votre pratique plastique ?
Je n’en sais rien, je ne sais même pas ce que je vais manger tout à l’heure. Alors ce que je vais créer demain…

En tant qu’étudiant(e) en école d’art, vous sentez-vous déjà artiste ? Pour vous qu’est ce qu’un artiste ? Que signifie pour vous ”être un artiste”, devenir un artiste ?
Dans le sud les gens ne disent pas « Je suis facteur », ils disent « Je fais le facteur ». Alors moi là je fais l’artiste. Pour moi ça signifie que je ne peux plus voir la vie autrement. Être un artiste pour moi c’est se promener dans la vie avec un œil qui ne s’arrête jamais de déformer/transformer tout en pièces qui viendraient s’intégrer dans un propos et dans une série.

Une fois votre diplôme obtenu, votre pratique validée par un jury de professionnels, comment imaginez-vous votre avenir ?
Je ne me vois pas autrement que comme artiste. C’est un peu une question pour des gens en 5e année, là c’est comme si vous me demandiez ce que je veux faire quand je serai grande. C’est dans trop longtemps.

Comment votre école s’implique t-elle dans l’avenir de ses élèves ? A-t-elle des cours, des ateliers qui vous prépare au côté administratif de la vie d’un artiste, à la diffusion de votre travail ?
Je ne sais pas trop répondre, en 1ère année ce n’est pas encore au programme, logiquement.

Comment pensez-vous que le concours La Convocation peut vous aider à “professionnaliser” votre pratique artistique ?
Déjà simplement être sous le regard de professionnels, les rencontrer au vernissage, accrocher en galerie, répondre à une interview, ça fait partie d’une démarche de professionnalisation, je pense.

En tant qu’étudiant(e) en école d’art, quel est votre regard sur la scène artistique, le marché de l’art ?
C’est un peu tôt pour moi cette question. J’ai commencé il y a six mois…

Pensez-vous que votre pratique, votre démarche peut avoir sa place dans la scène artistique et le marché de l’art ? Avez-vous déjà pensé à une stratégie à adopter pour être visible ?
C’est un peu tôt pour moi cette question. J’ai commencé il y a six mois…

Si les lecteurs de FranceFineArt étaient de futurs collectionneurs, institutions, musées, centres d’art, galeries, curateurs, résidences d’artistes, fondations d’entreprises, bourses de création, ect… que souhaitez-vous leurs dire pour titiller leurs esprits et leurs donner envie de découvrir votre travail ?
Que je les emmerde. Ça titille là ? Non bien sûr j’emmerde personne, juste je cherche une réponse borderline mais j’en trouve pas. Que je les aime ? Ça titille bien là non? Non je ne les connais pas. Qu’ils feront un bon placement ? Que c’est super opportuniste de soutenir une femme ? Une arabe ? Je voudrais leur dire un truc drôle et sympa c’est tout. Je ne suis pas sûr d’avoir réussi, si ?




Pour tout savoir sur le concours, retrouvez l’interview de Thomas Lapointe, co-fondateur de La Convocation : www.francefineart.com/index.php/chroniques/14-agenda/agenda-news/2160-101-chronique-anne-frederique-fer


 

Les prochains rendez-vous :

- du 25 au 29 avril 2017 avec une exposition collective sous la forme d'un parcours artistique à travers 5 lieux : galerie Laure Roynette, galerie Escougnou-Cetraro, galerie Pascaline Mulliez, Maëlle Galerie, Cité internationale des Arts.

- du 4 au 20 mai 2017 avec une exposition collective réunissant les 10 finalistes dans un même lieu, à Ourcq Blanc.