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“Raghu Rai” Voyages dans l’instant
(Lauréat de la première édition du Prix de Photographie de l’Académie des beaux-arts - William Klein)
au Pavillon Comtesse de Caen, Palais de l’Institut de France, Paris

du 20 novembre 2019 au 5 janvier 2020



www.academie-des-beaux-arts.fr

 

© Anne-Frédérique Fer, remise du Prix de Photographie de l’Académie des beaux-arts - William Klein à Raghu Rai, le 30 octobre 2019.

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Légendes de gauche à droite :
1/  Raghu Rai, Mother Teresa in prayer, Kolkata, 1995. © Raghu Rai.
2/  Raghu Rai, A pilgrim, Varanasi, 2008. © Raghu Rai.
3/  Raghu Rai, Morning Activity, Mullick Ghat, Kolkata, 1990. © Raghu Rai.

 


2854_Raghu-Rai audio
Interview de Jean-Luc Monterosso et de Bernard Perrine,
correspondants de la section de photographie de l’Académie des beaux-arts et commissaires de l'exposition,

par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 30 octobre 2019, durée 11'07". © FranceFineArt.

 


extrait du communiqué de presse :

 

Commissaires de l’exposition
Jean-Luc Monterosso, correspondant de la section de photographie de l’Académie des beaux-arts
Bernard Perrine, correspondant de la section de photographie de l’Académie des beaux-arts




Raghu Rai

Né en 1942, à Jhang (Inde britannique - actuel Pakistan), Raghu Rai devient photographe à l’âge de 23 ans. L’année suivante, il rejoint l’équipe du journal The Statesman en tant que photographe en chef (1966 à 1976) et occupe, en parallèle, les fonctions de rédacteur en chef du service photo du magazine d’actualité hebdomadaire Sunday, publié à Calcutta (1977-1980).

En 1971, à la suite de son exposition à la Galerie Delpire à Paris sur les réfugiés pakistanais du Bengale, Henri Cartier Bresson lui propose d’intégrer Magnum Photos dont il est toujours associé aujourd’hui.

En 1982, il devient directeur de la photographie pour le magazine India Today, principal magazine d’actualités indien. Il a collaboré à des numéros spéciaux, contribuant ainsi à la réalisation d’essais photographiques novateurs sur des problématiques sociales, politiques et culturelles de la décennie (1982 à 1991).

Au cours des dix-huit dernières années, Raghu Rai a exclusivement consacré son travail à l’Inde. Il est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages dédiés aux événements et figures de son pays : Delhi, les Sikhs, Calcutta, le Taj Mahal, Mère Teresa ... Son reportage approfondi sur la catastrophe du Bhopal en 1984 dans le cadre d’une mission de Greenpeace International a donné lieu à un livre et à une série de trois expositions entre 2002 et 2005.

De très nombreuses expositions lui ont été consacrées dans le monde entier, dont notamment, des rétrospectives aux Rencontres de la photographie d’Arles en 2007, à la National Gallery of Modern Art de New Delhi en 2008 ou encore à l’Aicon Gallery de Londres en 2011.

Il a reçu le Padma shree en 1972, l’une des plus hautes distinctions civiles indiennes, pour l’ensemble de son travail consacré à la guerre de libération du Bangladesh et à ses réfugiés. En 1992, il est désigné « Photographe de l’année » par les États-Unis pour son travail relatif à la « Gestion humaine de la faune en Inde », publié dans le magazine National Geographic. En 2009, il est nommé Officier des Arts et des Lettres par le gouvernement français. Il a reçu en 2018 le Lucie Award du photojournalisme décerné par la Lucie Foundation, à New York.

Ses reportages photographiques ont été publiés dans de nombreux magazines et journaux du monde entier. Il a créé en 2012 le Raghu Rai Center for Photography, lieu de partage et d’enseignement de la photographie auprès des jeunes générations.

Raghu Rai vit actuellement à New Delhi et travaille à la réalisation de son 57ème ouvrage.






Raghu Rai par lui-même

Dans mon travail, j’ai cherché à me concentrer sur les équations changeantes de notre époque, en essayant d’enregistrer les plus profondes réponses humaines universelles aux réalités, à l’énergie, à l’esprit.

Je crois que le travail du photographe est de cadrer et de découper une tranche en forme de photogramme dans le monde qui l’entoure, de manière si fidèle et honnête que, s’il pouvait la remettre là où il l’avait prise, la vie et le monde se remettraient en mouvement sans à-coup. A ce stade, mon but n’est plus tant de produire de « bonnes photographies » que d’aller au-delà des styles acquis et de traiter de la vie elle-même.

En Inde, comme dans le reste du monde, nous vivons une ère de millions d’images éphémères.Heureusement, une bonne photographie peut communiquer des niveaux plus profonds d’expérience humaine ; elle peut changer notre vision du monde et ouvrir la possibilité d’une autre vision, d’un éveil. (...)

Nous saisissons la réalité, la vérité – non seulement son aspect physique, mais aussi les vibrations intérieures d’un espace ou d’une personne. Les vibrations viennent en chuchotements doux, et uniquement dans des moments où l’on a l’esprit calme et l’on fait silence en soi. Ce que vous reflétez à travers votre image a saisi la réalité physique avec son aura intérieure.

On dit qu’une bonne photo vaut un millier de mots. Mais des milliers de mots peuvent faire beaucoup de bruit. On pourrait s’accorder un moment de silence – un moment dans un espace non-négociable. Si tant d’histoires ont été racontées encore et encore de tant de manières différentes en mots et en photographies, le silence, en revanche, est rare. (...)

Beaucoup des précieux trésors de notre civilisation – des relations humaines, des valeurs et des interactions simples de la vie quotidienne – connaissent actuellement des transformations de fond. C’est précisément de cela que je parle, pour rapprocher l’homme, le mettre face à face avec la réalité humaine – (...) .

Pour moi, l’INDE est le monde entier, un océan de vie – en perpétuel remous ! Ce n’est plus jamais pareil... au même endroit... (...). Mais l’Inde garde vivant l’esprit intérieur de sa propre civilisation avec toutes ses contradictions. (...)

Je me tiens au milieu de ce déluge humain tentant de démêler la fusion et l’émergence de différentes couleurs, la myriade de teintes de chaque émotion, mise en branle par chaque charge et recharge. C’est une exploration dans l’inconnu et l’invisible. Elle se dynamise et s’enrichit... Le fluide sans repos et pourtant reposant chez lui en moi... Le désir inadéquat d’être multiple, d’être quatre ou cinq de moi-même, c’est le désir de la vie pour elle-même qui me fait continuer... L’émergence de l’invisible et la révélation de l’inconnu me laissent stupéfait !

L’expérience devient DARSHAN.

Quel pays que le mien !


Raghu Rai






Le Prix de Photographie de l’Académie des beaux-arts - William Klein


Le Prix de Photographie de l’Académie des beaux-arts - William Klein a été créé en 2019 par l’Académie des beaux-arts avec le soutien du Chengdu Contemporary Image Museum, en hommage à l’oeuvre de William Klein, photographe, peintre, plasticien, graphiste, réalisateur de films documentaires, publicitaires et de fiction.

Prix de consécration, ce prix a pour objet récompenser un/une photographe pour l’ensemble de sa carrière et de son engagement en faveur de la photographie. Il récompense un/une photographe, de toute nationalité et de tout âge. Doté de 120 000 euros, ce prix est décerné tous les deux ans, en alternance avec le Prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière en partenariat avec l’Académie des beaux-arts et s’accompagne d’une exposition au Palais de l’Institut de France.

Composition du jury 2019
• Laurent Petitgirard, secrétaire perpétuel de l’Académie des beaux-arts, co-président
• Zhong Weixing, fondateur du Chengdu Contemporary Image Museum, co-président
• William Klein, membre d’honneur
• Yann Arthus-Bertrand, Bruno Barbey, Jean Gaumy, Sebastião Salgado, membres de la section de photographie de l’Académie des beaux-arts
• Jean-Luc Monterosso, directeur artistique du Chengdu Contemporary Image Museum
• Bernard Perrine, correspondant de la section de photographie de l’Académie des beaux-arts
• Alessandra Mauro, commissaire d’exposition, personnalité invitée
• Alberto Anaut, président de PhotoEspaña et directeur de La Fábrica, personnalité invitée.