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“Les bons sentiments” 19ème Prix Fondation d’entreprise Ricard
à la Fondation d'entreprise Ricard, Paris

du 5 septembre au 28 octobre 2017



www.fondation-entreprise-ricard.com

 

© Anne-Frédérique Fer, visite de l'exposition, le 4 septembre 2017.

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Légendes de gauche à droite :
1/  Pauline Curnier Jardin, Explosion ma baby, 2016. Film – Installation, 7 min. super 8 transferred on HD. Colour, sound stereo. Film still : Pauline Curnier Jardin.
2/  Zin Taylor, The Reclining Hippy (Beach Towel), 2017. Off-set printed cotton. 180cm x 100cm. Edition of 100. photo: Thorsten Arendt.
3/  Lola Gonzàlez, Rappelle-toi de la couleur des fraises 2017. Vidéo HD, stéréo, 17 min.

 


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Interview de Anne-Claire Schmitz, commissaire de l'exposition,
par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 4 septembre 2017, durée 12'24". © FranceFineArt.

 


texte de Mireille Besnard, rédactrice pour FranceFineArt.

 

Les “bons sentiments”. On ne sait pas bien comment entendre cet intitulé. Comme un manifeste curatorial (je prends soin de mes artistes) ou bien une boutade ? “Une intuition”, affirme Anne-Claire Schmitz, curateur de ce 19e prix de la Fondation d’entreprise Ricard. Elle dit s’attacher au sens premier de l’expression, loin de tout esprit de dérision. Comme une célébration de la générosité d’artistes qui ne font pas le choix du cynisme, pourrait-on proposer encore en raccourcissant ses propos. Quoiqu'il en soit, les “bons sentiments” soufflent comme un défi pour nos consciences soucieuses de postures critiques.

A l’intérieur, pourtant, un parfum de bizarrerie flotte. C’est que la commissaire belge expose des artistes qui viennent se positionner à la lisière de genres et d’activités. Ici, l’art contemporain flirte avec le design commercial (Deborah Bowmann), le conte fantastique (Lola Fernandez), le théâtre burlesque (Pauline Curnier Jardin), le graffiti mural (Zin Taylor), la production d’objets de curiosité (Caroline Mesqita) et l’écriture littéraire (Thomas Jeppe).

C’est une histoire de positionnement complexe, étrange, hybride ; une ambiguïté qui fait réagir la matière artistique en produisant un sens latent, riche, mouvant. L’attitude est peut-être généreuse, elle est en tout cas risquée. Mais c’est ce positionnement d’équilibristes, commun à tous ces artistes, qui forge la profondeur de la proposition curatoriale et produit une unité solide, sans forcer l’évidence.

Mireille Besnard

 


extrait du communiqué de presse :

 

Commissaire : Anne-Claire Schmitz



L’exposition Les Bons Sentiments propose une cohabitation temporaire entre le travail des six artistes nominés par Anne-Claire Schmitz à l’occasion du 19ème Prix Fondation d’entreprise Ricard. Deborah Bowmann, Pauline Curnier Jardin, Lola Gonzàlez, Thomas Jeppe, Caroline Mesquita et Zin Taylor ont été invités à montrer chacun un ensemble d’œuvres pouvant témoigner avec générosité des engagements et des singularités constituantes de leur travail. Sous l’effet d’un titre à la résonance ambivalente, Les Bons Sentiments partage des positionnements artistiques à la fois conscients du monde dans lequel ils opèrent et osant la célébration.


Deborah Bowmann

Au croisement d’un espace d’exposition et d’une identité artistique, Deborah Bowmann est un projet initié par les artistes français Amaury Daurel et Victor Delestre. Ils se sont rencontrés à l’école des Beaux-Arts de Bordeaux et ont complété leur cursus avec des Masters chacun de leur côté : Amaury à la Glasglow School of Art et Victor au Dirty Art à Amsterdam où il a ouvert un squat avec d’autres étudiants. Amaury a rejoint Amsterdam en 2014 et c’est dans ce lieu que Deborah Bowmann a vu le jour.

Depuis septembre 2015 la galerie Deborah Bowmann est installée à Bruxelles.

Il s’agit pour ces deux artistes de penser le magasin comme un contexte d’exposition original, mais aussi comme un médium –  un espace, une idéologie et une économie à modeler tel un matériau.


Pauline Curnier Jardin

Pauline Curnier Jardin a étudié à Paris jusqu'en 2006 (à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris ainsi qu'à l'Ecole Nationale Supérieure d'Arts de Cergy) puis en Suède et en Allemagne (Goldrauschkunstlerinnen Projekt Stipendium à Berlin, M.F.A Sciences and Technics à l’unniversité de Linköpping).Elle vient d’achever sa résidence à la Rijksakademie Van Beeldende Kunsten en 2015-2016. Elle participe actuellement à la 57 ème Biennale de Venise curatée par Christine Macel et fût commissionnée l’année d’avant à la biennale Performa 15 – NYC. Elle sera en octobre l’une des 4 artistes à présenter un nouveau film pour Frieze Film at Frieze London, difffusé sur Channel 4.

À partir d’une recherche sur sujet existant, réel ou immatériel qu’il soit un sentiment (la solitude), un personnage historique ou mythologique (Jeanne d’Arc, Bernadette Soubirous, Demeter), un lieu ou un contexte (la centrale nucléaire, le cirque, la Rennaissance) ou un objet (la grotte, la guerre, l'étang) elle écrit des histoires entières, complexes, et qui ont la volonté d’expliquer par un aménagement symbolique ou allégorique, à l’instar d’une épopée, un sujet fondamental (l’humain, le langage, l’amour, la mort).

Après avoir exploré à ses débuts différentes formes élargies de narrations comme dans son opéra optique, son peep-show ethnographique ou encore ses films performés, Pauline Curnier Jardin se concentre aujourd’hui sur la création d’ultra narrations, de films ou de spectacles musicaux, bigarés et tragiques qui impliquent depuis 2011 la même troupe d’acteurs et la costumière et scénographe française Rachel Garcia. Elle co-fonde en 2007 le dada-femme recital Les Vraoums et collabore avec de nombreux scientifiques, écrivains, et musiciens.


Lola Gonzalez

Diplômée des Beaux-Arts de Lyon en 2012, elle est actuellement résidente du Pavillon Neuflize OBC, le laboratoire de création du Palais de Tokyo. Le Palais de Tokyo a présenté son travail à plusieurs reprises dans ses murs - Festival DO DISTURB 2 (2016) ; exposition collective « All that Falls » (2014) – et dans le cadre de l’exposition hors les murs du Pavillon à Athènes, en parallèle de la Documenta 14 (« Prec(ar)ious collective », Grèce, 2017). Des expositions personnelles de son travail ont été organisées au Crédac, à Ivry-sur-Seine (France, 2017) et au centre d’art contemporain Passerelle, à Brest (France, 2016). On a également pu découvrir ses œuvres au sein de plusieurs expositions collectives, notamment au Centre Pompidou, dans le cadre du festival Hors Pistes (Paris, France, 2014) ; à l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne (France), dans le cadre de Rendez-vous/Biennale de Lyon 2015 ; au Kunstverein Sparkasse, à Leipzig (Allemagne, 2014) et à La Galerie de Noisy-le-Sec (France, 2014). Elle est lauréate du Prix Meurice pour l'art contemporain 2016, et est représentée par la galerie Marcelle Alix, Paris.

Chaque film que fait Lola Gonzàlez invente celui d’après. L’ensemble dessine une obsession, comme un rêve qui n’en finit pas de revenir, nuit après nuit, et qui a son influence pendant le jour. L’apparente légèreté qui se dégage des premiers films « entre copains » s’est évaporée au profit d’un désir plus ouvert sur le monde. Comme un rituel magique, les films de Lola Gonzàlez s’ouvrent sur ces jeunes gens tournés vers l’extérieur, vers le paysage. Sont-ils capables d’y voir un signe qu’ils interprètent tous de la même façon ?


Thomas Jeppe

Thomas Jeppe, né en 1984 en Australie, est diplômé du Victorian College of Arts en arts visuels et de l’Université de Melbourne en Cultural Studies.

À travers la peinture, la sculpture et l’édition, le travail de Thomas Jeppe s’intéresse à l’histoire sociale des productions culturelles. Sa pratique convoque souvent des communautés et des esthétiques vernaculaires, comme un geste envers une reconfiguration des interactions et des tentatives échouées pour formaliser une position théorique. La recherche et la reconstruction forment une grande partie de son travail, et alors qu’un fil conducteur critique y est toujours présent, chaque pièce est réglée selon une devise malléable chargée d’énergie, de curiosité et de propositions hyperboliques.


Caroline Mesquita

Caroline Mesquita explore la vitalité et la complexité du comportement de groupe dans la plupart de ses installations sculpturales et travaux. La matière première fournit l'étincelle qui anime son engagement narratif avec des notions de religion, d'incarnation, de transformation, de sensualité et de sociabilité. Les travaux de Mesquita sont sombres, patinés et grossièrement texturés par un processus d'oxydation. Avec cette technique, Mesquita manipule le métal comme une forme de peinture. Ce qui était autrefois brillant, réfléchissant et brillant, est coupé, broyé, soudé, fondu et oxydé pour en révéler l’intérieur. Ces transformations matérielles fournissent un cadre pour une narration sur l'expérience humaine et les relations entre individus.

Elle a été diplômée de l’École Nationale des Beaux-Arts de Paris en 2013, et a étudié à la Mountain School of Arts à Los Angeles au printemps 2014.


Zin Taylor

Zin Taylor s'est fait connaître pour ses installations intégrant performance, sculpture, dessins, œuvres imprimées et vidéo. Son travail se développe essentiellement sur un mode narratif, sous la forme d'histoires qui empruntent autant à la culture populaire (en particulier aux scènes musicales underground) qu'à l'art contemporain. Partageant une fascination pour le langage avec de nombreux artistes de sa génération, Taylor examine les liens entre le mot et l'image à travers des publications ou des livres d'artiste qu'il publie généralement pour accompagner ses expositions.

Il a obtenu son baccalauréat en Beaux-Arts à l’Alberta College of Art and Design en 2000. Il est aussi diplômé d’une maitrise en Art de l’Université de Guelph.

L’artiste a été résident de la Cité Internationale des Arts de Paris. Jusqu’à la fin du mois de juin, il présente un projet dans La Vitrine de l’antenne du plateau à Paris (l’espace culturel et pédagogique du FRAC Ile-de-France), intitulé A dove on the beach: a piece of cloth to relax upon is a void to stage your thoughts.