contact rubrique Agenda Culturel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

“Sièges en Société” Du Roi-Soleil à Marianne
à la Galerie des Gobelins, Paris

du 25 avril au 24 septembre 2017



www.mobiliernational.culture.gouv.fr

 

© Anne-Frédérique Fer, présentation presse, le 24 avril 2017.

2144_Sieges2144_Sieges2144_SiegesLégendes de gauche à droite :
1/  Bergère en bois doré sculpté, brocart Louis XVI, collections du Mobilier national. Visuel affiche 1. Photographe : Olivier Oudah. Direction artistique : Guénola Six. © Mobilier national.
2/  Fauteuil en bois doré et tapisserie de Beauvais ; bois de Paul Follot et carton de Jean Weber sur "Les contes de Perrault", "La Belle au Bois-dormant". © Isabelle Bideau / Mobilier national.
3/  Fauteuil d’un ensemble de cinq provenant de la chambre à coucher du duc d’Orléans, hériter du trône, au château des Tuileries. Vers 1830. Acajou, bois doré et bronze doré, soierie. Exceptionnellement quatre des sièges de cet ensemble ont conservé leur étoffe de 1840. Visuel affiche 2. Photographe : Olivier Oudah. Direction artistique : Guénola Six. © Mobilier national.

 


2144_Sieges audio
Interview de Jean-Jacques Gautier, commissaire de l'exposition,
par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 24 avril 2017, durée 12'25". © FranceFineArt.

 


extrait du communiqué de presse :

 

Commissaire de l’exposition : Jean-Jacques Gautier, inspecteur du Mobilier national
assisté de Pauline Sombstay




Le Mobilier national présente du 25 avril au 24 septembre 2017, à la Galerie des Gobelins, « Sièges en Société, du Roi-Soleil à Marianne », une exposition unique retraçant plus de trois siècles de l’art du siège en France. Dans une scénographie signée Jacques Garcia, plus de trois cents sièges, exclusivement issus des réserves du Mobilier national, seront restitués dans leur environnement d’origine et présentés à la Galerie des Gobelins, au fil de huit sections. « Sièges en Société » permet de mettre à l’honneur la collection exceptionnelle du Mobilier national, l’une des plus riches collections de sièges au monde, et de valoriser l’ensemble des métiers qui participent au processus de création du siège.

Une exposition originale
À travers huit sections, le visiteur découvrira les pièces restituées dans leur environnement d’origine. L’exposition reflète les différents corps de métier, la capacité à mener des réflexions scientifiques, à créer et à perpétuer les gestes et savoir-faire pour les générations futures. L’exposition commence dans la nef du rez-de-chaussée de la Galerie des Gobelins, par une mise en perspective de la longue tradition du siège parisien, où créations anciennes et contemporaines, savamment choisies, sont présentées ensemble. A l’étage, la nef supérieure présente le siège sous un double prisme, tout à la fois forme individuelle et élément en symbiose avec son environnement architectural et décoratif, porteur de significations différentes selon le cadre privé ou public – les lieux du pouvoir – où il se trouve. On est là, s’agissant des lieux de pouvoir, au coeur même de l’identité du Mobilier national.

Jacques Garcia, scénographe invité
Avec plus de 40 réalisations d’envergure par an, Jacques Garcia est un des décorateurs français les plus sollicités. Comment montrer le siège dans une exposition qui lui est dédiée ? Jacques Garcia, scénographe de l’exposition Sièges en Sociétés, a opté pour une approche pleine d’esprit : « J’ai souhaité que cette évocation fasse une large place à la fantaisie : dans chaque salle, les sièges sont présentés dans des organisations différentes, parfois ludiques, parfois moins. L’idée est de retrouver cette sensation de bien-être induite par le fait même de s’asseoir ».

Une collection unique
Le Mobilier national, grâce au rythme ininterrompu des commandes d’État depuis deux siècles, possède l’une des plus riches collections de sièges au monde du XVIIIe siècle à aujourd’hui. Celle-ci présente un échantillonnage presque complet de l’art du siège en France.

Une institution remarquable
Héritier de l’ancien Garde-Meuble de la Couronne, créé en 1604 par Henri IV et réorganisé par Louis XIV en 1663, le Mobilier national est un service à compétence nationale rattaché au ministère de la Culture et de la Communication. Il conserve une collection de premier plan, issue des achats et commandes destinés, hier aux demeures royales et impériales, aujourd’hui aux palais officiels de la République.





L’exposition Sièges en Société, du Roi-Soleil à Marianne

Le Mobilier national, grâce au rythme ininterrompu des commandes d’État depuis deux siècles, possède l’une des plus riches collections de sièges au monde. Celle-ci présente un échantillonnage presque complet de l’art du siège en France. Plus de trois cents exemplaires, exclusivement tirés des réserves du Mobilier national, sont présentés ici dans une scénographie signée Jacques Garcia, dans le cadre d’un généreux mécénat de compétences.

L’exposition qui ouvre ses portes à la Galerie des Gobelins, Sièges en Société, met à l’honneur l’ensemble des métiers qui participent à la création du siège : menuisiers, peintres-doreurs, tapissiers, intermédiaires du marché de l’art, ornemanistes (designers) et commanditaires. Le ton est donné d’emblée dans la nef du rez-de-chaussée de la Galerie des Gobelins où créations anciennes et contemporaines, savamment choisies, sont présentées ensemble. L’exposition commence ainsi par une mise en perspective de la longue tradition du siège parisien.

Une série de questions vient à l’esprit : pourquoi le Mobilier national a-t-il été amené à serrer dans ses réserves un nombre si important de sièges ? Quelles sont les interventions autorisées ? En quoi les usages actuels interfèrent sur l’aspect patrimonial des collections ?

Au-delà de la production, l’atmosphère et le processus de création, qui ont fait la gloire des ébénistes parisiens partout en Europe pendant des siècles, sont suggérés. Bois sculpté, peint ou doré, boiseries, pieds de table, mais aussi tapis, tapisseries, cartons de tapisserie, véhiculant un surcroît d’imaginaire, sont autant d’éléments qui entretiennent un dialogue étroit avec ces créations exceptionnelles.

Rupture de style ensuite quand s’ouvre symboliquement, au seuil de l’escalier, la période révolutionnaire. De style uniquement car l’effervescence créatrice, quant à elle, continue sur sa lancée : la création de nouveaux modèles vient enrichir la typologie du siège et les artistes-ornemanistes, les peintres et les architectes bouleversent volontairement, sous forme de manifestes créateurs, l’environnement de leurs contemporains, en leur renvoyant leur propre imaginaire sur la scène, à la cour et à la ville. Les styles historiques sont autant de prétextes à révéler une forme latente des aspirations culturelles contribuant à faire du siège un manifeste esthétique.

La nef supérieure présente le siège sous un double prisme, tout à la fois forme individuelle et élément en symbiose avec son environnement architectural et décoratif, porteur de significations différentes selon le cadre privé ou public – les lieux du pouvoir – où il se trouve. On est là, s’agissant des lieux de pouvoir, au coeur même de l’identité du Mobilier national. Plutôt que de recréer les espaces de vie du XIXe siècle, le choix a été fait de présenter les sièges, dont une grande partie provient des aménagements post-révolutionnaires de Napoléon Ier, dans un environnement de réserve avec le vrac apparent des racks et des caisses de transport propice à une lecture multiple, chronologique, esthétique et sociale. Une vision qui s’ancre dans le réel grâce à la présence d’un tapis gigantesque suggérant les parements au sol sur lesquels reposaient les sièges. Et renvoie au large éventail de lieux – palais de la République, ambassades de France à l’étranger, musées… – qui accueillent les productions du Mobilier national.

Même si la Révolution de 1793 a dispersé la presque totalité des sièges, une évocation du pouvoir dans sa majesté d’Ancien Régime était incontournable : le grand style versaillais n’a cessé d’être une référence pour tous les régimes qui se sont succédés depuis la Révolution. Cet intérêt rétrospectif permet en outre de poser la question de l’authenticité : la collection de modèles, constituée dès Napoléon III et Eugénie, permet d’élaborer des copies, des interprétations, des créations originales « dans le goût de ». Le siège, depuis toujours, ne cesse d’être utilisé, consolidé, repris.

Transition toute trouvée vers la scénographie finale qui, à l’heure d’aborder son avenir, fait du siège, confronté aux exigences du pouvoir, un « meuble » au sens premier du terme : les sièges n’ont d’autre écrin que les tentes, provisoires, des anciennes collections de la Couronne dans une mise en abyme soulignée par le fugitif des flammes derrière l’exceptionnelle collection d’écrans de cheminée : un démenti à la justification du siège en quelque sorte !